Schröder: „Sieg der Alliierten war ein Sieg für Deutschland“ Mit Ehrungen für die Kriegstoten und die noch lebenden Veteranen des „D-Day“ haben in Frankreich die Feiern zur Alliierten-Landung in der Normandie vor 60 Jahren begonnen. Unter anderem wurden am Samstag zehn einstige Soldaten des französischen „Kieffer-Kommandos“, 99 Veteranen aus den USA und drei Australier in die französische Ehrenlegion aufgenommen. Tausende Schaulustige versammelten sich in Sainte-Mère-Eglise, dem ersten am 6. Juni 1944 von deutscher Besatzung befreiten Dorf. Dort landeten 600 französische und amerikanische Fallschirmspringer. Staats- und Regierungschefs aus 15 Nationen werden zu den Feiern erwartet. Bundeskanzler Gerhard Schröder (SPD) ist als erster Regierungschef des einstigen Kriegsgegners Deutschland zu der zentralen Feier in Arromanches eingeladen. Auch der russische Präsident Wladimir Putin nimmt teil und somit erstmals der Chef des Moskauer Kreml. Der britische Außenminister Jack Straw begrüßte Schröders Teilnahme in der „Berliner Zeitung“ als Symbol „für den weiten Weg, den Europa zurückgelegt hat“. Schröder selbst bezeichnete seine Einladung als „große Ehre für unser Land und für die deutsche Demokratie“. „Der Sieg der Alliierten war kein Sieg über Deutschland, sondern ein Sieg für Deutschland“, schrieb er in einem Beitrag für „Bild am Sonntag“. Der Kanzler brachte auch in mehreren Interviews die Dankbarkeit der Deutschen gegenüber den Alliierten zum Ausdruck. Im „Figaro“ reklamierte er für Paris und Berlin aber auch das Recht zu „solidarischer Kritik“. Zwei Umfragen zufolge begrüßen auch fast alle Franzosen Schröders Teilnahme an den Zeremonien: In der Normandie wurde eine Zustimmung von 83,6 Prozent der befragten Bevölkerung ermittelt, in ganz Frankreich lagen die Werte bei 88 Prozent. Bei der vom „Figaro“ in Auftrag gegebenen Umfrage bezeichneten 82 Prozent zudem Deutschland als „sehr sicheren Alliierten“ für Frankreich. WELT.de/AFP/dpa
France et Allemagne célèbrent ensemble le Débarquement LE MONDE | 04.06.04 | 14h43 • MIS A JOUR LE 04.06.04 | 15h12 Pour la première fois, le chancelier allemand participera aux manifestations commémorant, dimanche, le 60e anniversaire du Jour J. Quinze pays seront représentés. Dès samedi soir, George Bush et Jacques Chirac se rencontreront pour évoquer la crise irakienne. Vingt-deux personnalités, chefs ou anciens chefs d'Etat et chefs de gouvernement représentant quinze pays, doivent, à partir du samedi 5 juin, participer aux cérémonies du 60e anniversaire du Débarquement le 6 juin 1944. Pour la première fois, un chancelier allemand, Gerhard Schröder, participera à cette commémoration. Il y a dix ans, son prédécesseur Helmut Kohl avait refusé l'invitation de François Mitterrand. Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, a estimé que, pour l'occasion, il s'agissait de "la plus importante opération de sécurité" jamais montée en France puisque 30 000 soldats sont mobilisés dont 15 000 dédiés à la sécurité. Le plan Vigipirate est passé au rouge et l'espace aérien au-dessus des lieux de cérémonie sera fermé. La sécurité sera également considérablement renforcée dans la capitale, samedi, à l'occasion de la venue des présidents Bush et Poutine. Le préfet de police a pris un arrêté interdisant les manifestations dans le centre de Paris. Trois rassemblements sont prévus mais deux d'entre eux ont un caractère strictement syndical. La mobilisation contre la présence de George Bush est faible et le Parti socialiste notamment a décidé de se tenir à l'écart. Le président de la République doit prononcer trois allocutions dimanche. la première au cimetière de Colleville doit porter sur la reconnaissance et l'amitié de la France envers les Etats-Unis. la seconde, à Arromanches, à l'occasion de cérémonie internationale et enfin, au Mémorial de Caen pour la commémoration franco-allemande. M. Schröder doit également prendre la parole. Quant à l'intervention du président Bush, elle devrait porter uniquement sur le jour J. Au total, seize cérémonies officielles sont prévues pour ce soixantième anniversaire qui prend les allures d'un sommet mondial. Jacques Chirac doit dîner dimanche à Caen avec Vladimir Poutine. Samedi, il accueillera George Bush à l'Elysée pour un entretien suivi d'un dîner de travail. Ce sera l'occasion pour les deux hommes d'évoquer leurs différends, de tenter de les aplanir et de ressouder l'amitié franco-américaine. George Bush a rencontré le pape Jean Paul II, vendredi à Rome. L'entretien devait durer quinze minutes au cours duquel a été évoquée la guerre en Irak auquel le souverain pontife était opposée mais aussi le conflit israélo-palestinien. Une forte mobilisation anti-Bush était attendue dans les rues de Rome. Silvio Berlusconi s'est déclaré "préoccupé par de possibles violences". Cent vétérans américains seront accueillis à Paris où ils seront faits Chevalier de la Légion d'honneur avant de se rendre sur les anciens champs de bataille pour des cérémonies qui débuteront samedi à 14 h 30 au cimetière franco-canadien pour s'achever dimanche à 18 h 30 au mémorial de Caen en compagnie de M. Schröder qui a dit que le 6 juin est devenu "le symbole de la lutte pour la liberté". • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 05.06.04
Des lycéens français et allemands rencontreront des vétérans et des témoins lors des cérémonies de commémoration du DébarquementLes jeunes auront leur place lors des cérémonies du 60ème anniversaire du Débarquement allié en Normandie. L'Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et le Rectorat de Caen ont invité 88 jeunes collégiens et lycéens français et allemands à dialoguer dimanche avec des témoins de l'événement, et à participer à la cérémonie franco-allemande, qui se déroulera au Mémorial de la Paix à Caen, en présence du président Jacques Chirac et du chancelier Gerhard Schröder.Dimanche après-midi, les 88 jeunes âgés de 14 à 17 ans rencontreront des témoins du Débarquement et des vétérans, qui relateront ce qu'ils ont vécu et souffert durant l'été 1944 sur le thème " Dialogue entre jeunes et témoins de l'Histoire - Découvrir l'Histoire pour construire l'avenir ". 60 ans après, ce regard croisé entre jeunes Français et Allemands et témoins de l'événement permettra de mieux l'appréhender. Il rendra l'Histoire vivante, car ces témoins avaient l'âge de ces jeunes de Flensburg (Nord de l'Allemagne), de Saint-Lô, de Gronau-an-der-Leine (Basse-Saxe) et de Médizon-Canon à l'époque du Débarquement. Ils évoqueront également avec eux le chemin qui a ensuite conduit à la réconciliation entre la France et l'Allemagne.Espace Presse de l'OFAJ : www.ofaj.org/fr/media/default.htm
Gedenken an den D-Day / Deutsch-französische BeziehungenBundeskanzler Schröder in der NormandieLa Croix (Aufmacher: "Schröder in der Normandie - Das Ende der Nachkriegszeit") unterstreicht im Editorial die historische Symbolik der Anwesenheit des Kanzlers. Sie zeige in spektakulärer Weise, dass vom Atlantik bis Berlin alle Mauern gefallen seien. Jahr um Jahr, Symbol um Symbol verschmelze das "Sie" immer mehr in einem "Wir" - "ein wunderbares Vermächtnis für das große 'Wir' der Zukunft, das der Europäer". Auf den ersten drei Seiten heißt es weiter: Deutschland empfinde sich heute als "endlich normalisierte" große Demokratie. Bundeskanzler Schröder, der die Nachkriegsgeneration verkörpere, sei mit dem Ziel angetreten, sein Land von Komplexen zu befreien, eine "Chance", die Kohl noch nicht gehabt habe. Schröder habe sich zusammen mit Joschka Fischer bemüht, sein Land auf die internationale Bühne zurückzuführen. In Bezug auf die Landung der Alliierten spreche heute in Deutschland, bis auf die Veteranen, keiner mehr von einer "Invasion". Für die Mehrheit der Deutschen von heute sei sie das Ende der Nazi-Diktatur. Allerdings sei der 6. Juni für die Deutschen nicht mit den gleichen Emotionen behaftet, wie andere Daten des Zweiten Weltkrieges. In Frankreich begrüßten fast alle Schröders Anwesenheit. Les Echos spricht in diesem Zusammenhang von einer definitiven Zementierung der deutsch-französischen Aussöhnung.Im Rahmen von Berichten über die Behandlung des D-Day an Schulen in Frankreich, Großbritannien und den USA, schreibt Bocev/Le Figaro: In Deutschland gebe es "kein Tabu" in Bezug auf den Zweiten Weltkrieg. Die Deutschen sprächen vom D-Day, ohne zu versuchen, den Nazi-Horror zu vertuschen. Am Beispiel einer Schulklasse in Berlin heißt es, die Grundorientierung sei - wie im Kanzleramt - dass die Landung der Alliierten der Beginn der Befreiung Europas gewesen sei. Gleichzeitig finde das "neue Deutschland" Eingang in das allgemeine Bewusstsein. (Le Figaro meldet in diesem Zusammenhang auch das geplante deutsch-französische Geschichtsbuch.)2.2 Deutsch-französische Partnerschaft in EuropaLiberation ("Paris-Berlin, ein zu exklusives Paar") stellt fest, der deutsch-französische Motor laufe jetzt zwar "hochtourig, aber ein bisschen im Leeren". Mehr denn je müssten die anderen EU-Mitglieder, die ein Direktorium befürchteten, überzeugt werden. Moscovici wird zitiert, die Partnerschaft sei eher von einem "doppelten Egoismus" motiviert als dass sie ein Motor sei. Für einen von Liberation zitierten Diplomaten ist die Symbolik das Eine, sobald es konkret werde, seien die Dinge wesentlich komplizierter (Bezug auf Industriepolitik).
Discours prononcé par Monsieur Gerhard Schröder, Chancelier de la République fédérale d'Allemagne, à l'occasion de la cérémonie franco-allemande du soixantième anniversaire du Débarquement à Caen, le 6 juin 2004Monsieur le Président de la République,Monsieur le Premier ministre,Mesdames, Messieurs,Chers concitoyens européens,Il y a soixante ans aujourd'hui, Caen et la Normandie étaient le thé'tre de souffrances incommensurables et des dizaines de milliers de victimes jonchaient ce sol, ce même sol sur lequel de vaillants soldats déployaient leur courage pour libérer l'Europe.Le souvenir que la France garde du 6 juin 1944 est différent de celui de l'Allemagne et pourtant, ce souvenir a fait naître chez les uns et les autres le même sentiment: nous sommes convaincus que nous voulons la paix. Nous, Allemands, savons qui sont les auteurs criminels de la guerre. Nous sommes conscients de notre responsabilité face à l'Histoire et nous l'assumons. Des milliers de soldats alliés sont morts en un seul jour, un jour d'horreur. Ils ont payé de leur vie pour la liberté.Des soldats allemands sont morts parce qu'ils avaient été entraînés dans une campagne meurtrière pour asservir l'Europe.Mais, dans leur mort, tous ces soldats étaient réunis par delà les camps auxquels ils appartenaient, réunis dans le deuil de leurs parents et de leurs épouses, de leurs frères et sours et de leurs amis. Nous nous inclinons devant la douleur qui les oppresse tous.J'évoque la mémoire des habitants d'Oradour qui, il y a soixante ans, ont été les victimes des troupes SS déchaînées et de leur brutalité. Le souvenir que gardent de ce 6 juin 1944 la France et ses alliés, mais aussi les habitants de cette ville de Caen, qui a tellement souffert, est différent de celui que gardent la plupart des Allemands. Pour la France, ce jour historique marquait la fin de l'occupation qu'elle attendait depuis si longtemps. Pour de nombreux Allemands, le 6 juin symbolisait l'échec militaire définitif.D'autres avaient déjà compris depuis longtemps que la tyrannie nazie annonçait l'effondrement moral de l'Allemagne.Un grand nombre d'entre eux durent payer de leur vie dans les camps de concentration pour s'être opposé au régime de la terreur. Face à la progression rapide des troupes alliées, les résistants allemands tentèrent un dernier coup contre la dictature le 20 juillet 1944; cette tentative échoua et ils moururent pour une Allemagne meilleure.Les cimetières militaires et les cicatrices des deux guerres mondiales imposent un devoir de chaque instant à tous les peuples européens et en particulier au peuple allemand, le devoir de s'opposer au racisme, à l'antisémitisme et aux idéologies totalitaires. Les objectifs démocratiques auxquels nous aspirons sont la liberté, la justice et une vie digne pour tous, dans la paix, sans haine religieuse, sans arrogance nationale ni aveuglement politique.Dans la réalisation de ces objectifs, nous avons pour atouts l'héritage des Lumières, la tolérance et la beauté consolatrice de la culture européenne.Préserver ces objectifs a été et reste la mission que nous dicte le 6 juin 1944.L'Europe a tiré les leçons du passé et je tiens à dire que nous, Allemands, nous les acceptons dans toute leur réalité. Une responsabilité incombe aux citoyens européens et à leurs dirigeants politiques, celle de tout faire pour empêcher que les conflits guerriers, les crimes de guerre et le terrorisme ne s'enflamment autre part. Mesdames, Messieurs,Le renversement de la dictature hitlérienne a été l'ouvre des alliés à l'Ouest et à l'Est. Nous n'oublions pas non plus les millions de personnes victimes des nazis en Europe de l'Est, ni les femmes et les hommes des pays de l'Alliance occidentale, ni les soldats russes qui ont donné leur vie pour la libération de leur patrie. Personne n'oubliera jamais l'histoire horrible de la dictature hitlérienne qui a duré douze ans.Ma génération a grandi dans son ombre. Il n'y a que quatre ans que ma famille a retrouvé la tombe de mon père, soldat mort en Roumanie. Je ne l'ai jamais connu.Mesdames, Messieurs,Ce n'est pas l'ancienne Allemagne de ces années sombres que je représente ici aujourd'hui. Mon pays a retrouvé sa place au sein de la communauté des peuples civilisés. La construction d'une démocratie prospère et stable a demandé beaucoup de temps. En 1989, les citoyens de l'Allemagne de l'Est ont réussi, dans une révolution pacifique, à renverser la dictature communiste pour instaurer la liberté et réaliser l'unité. Mais, si nous avons pu mener à bien la réunification de notre pays, c'est aussi gr'ce à la France qui nous a tendu la main, en faisant preuve de générosité et de sagesse politique. Cette journée du 6 juin 2004 nous offre une bonne occasion d'en remercier la France et ses alliés. Pour renverser la dictature hitlérienne, il a fallu des patriotes et des soldats. C'est précisément parce que nous le savons, nous Allemands, que nous ne sommes pas pacifistes. Mais nous ne voulons pas non plus employer les moyens militaires à la légère. Toutefois, dans les cas où l'intervention militaire a été et reste nécessaire, l'Allemagne ne recule pas devant la responsabilité qui lui incombe pour défendre la paix et les droits de l'homme.Mesdames, Messieurs,La vue des champs de bataille européens suscite en nous une tristesse profonde. Ce sentiment ne fait que renforcer la reconnaissance que nous éprouvons en constatant que la France et l'Allemagne n'ont jamais été aussi proches l'une de l'autre qu'aujourd'hui. La folie nationaliste s'est transformée en un partenariat européen.Je vous lance un appel pour qu'ensemble, nous mettions à profit cette journée de commémoration pour faire progresser notre ouvre de paix. Nous voulons réaliser une Europe unie et libérale, qui assume pleinement sa responsabilité pour la paix et la justice sur notre continent et dans le monde entier. Tel est notre espoir.L'amité franco-allemande est née elle aussi sous le signe de l'espoir. Aujourd'hui, elle est caractérisée par la confiance et la fiabilité. Ce qui semblait impossible le 6 juin 1944 s'est réalisé parce que les hommes et les femmes de nos pays l'ont voulu ainsi.Je voudrais citer l'exemple du soldat allemand Hans Flindt, originaire de Usedom. Il a combattu en Normandie où il a été fait prisonnier. Après sa libération, il a épousé une Française et il est resté en France. Cet homme 'gé de 78 ans aujourd'hui évoque le 6 juin 1944 en disant: "Pour nous tous, ce fut le début d'une vie nouvelle, d'une vie plus heureuse."Ceux qui n'ont pas eu la chance de connaître cette vie plus heureuse, il y a soixante ans, méritent que nous entretenions leur souvenir, dans un sentiment de profond respect.Ils ne sont pas morts en vain car nous vivons aujourd'hui dans la liberté et la paix et nous leur en sommes reconnaissants.Nous promettons que nous n'oublierons jamais les victimes!