CHRONIQUE EUROPE
Mais que fait la police ?


LE MONDE | 31.03.05 | 14h23  .  Mis à jour le 31.03.05 | 14h23


Les Européens considèrent la lutte contre le terrorisme comme une de leurs priorités. Ils se disent résolus à se mobiliser contre les menaces dont leurs pays sont la cible, affichent leur volonté de démanteler les réseaux, vont jusqu'à promettre d'extirper les racines du phénomène. Or ils négligent l'un des principaux outils dont ils se sont dotés pour organiser ce combat à l'échelle européenne et permettre une bonne coopération entre leurs polices. Cet outil, c'est l'Office européen de police Europol, basé à La Haye, dont l'objectif est de s'attaquer à la criminalité organisée, dès lors qu'elle dépasse les frontières d'un des pays de l'Union.

Le terrorisme est l'une des formes de cette criminalité, dont font partie, parmi d'autres, le trafic de drogue, l'immigration clandestine et l! a traite des êtres humains, le blanchiment d'argent, les fraudes et escroqueries. A l'évidence, le terrorisme est l'une des activités criminelles qui appellent une étroite collaboration entre les diverses polices nationales.

Pourtant le recours à Europol, déjà problématique dans la plupart des domaines de la criminalité transfrontalière, demeure particulièrement modeste, pour ne pas dire inexistant, dans celui du contre-terrorisme.

Ce constat attristé, c'est un député UMP du Rhône, Christian Philip, qui l'établit, au terme d'une enquête menée au nom de la délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne. Europol, dit-il, est sous-utilisé, faute de confiance entre les pays de l'Union. "La contribution d'Europol à la lutte contre le terrorisme reste limitée, en raison de la réticence des services des Etats membres à l'alimenter en informations", écrit-il.

Le député a examiné le travail de l'Office, consulté ses statistiques, interrogé plusi! eurs de ses responsables. Il a recensé les échanges d'informat! ions entre Europol et les Etats membres, dont l'augmentation (+ 40 % entre 2002 et 2003) est, à son avis, "encourageante". Mais, note-t-il avec regret, "une faible proportion de ces échanges concerne le terrorisme". Les Etats considèrent en effet que "certaines informations sensibles ne peuvent être communiquées que dans un cadre bilatéral". Lorsqu'ils consentent à livrer des informations à Europol, ils fournissent, selon M. Philip, des "données mortes", et non des "données vivantes", autrement dit, si l'on comprend bien, des données trop anciennes ou trop vagues pour être exploitables.

Les interlocuteurs du député lui ont dit clairement, raconte-t-il, que si la lutte commune de l'Espagne et de la France contre les terroristes basques de l'ETA avait été confiée à Europol, elle n'aurait pas obtenu les mêmes succès. "Dans une Europe élargie, lui a-t-on déclaré, les risques de fuite sont trop importants." Le r! ôle d'Europol, fait observer M. Philip, n'est pas de "diriger l'activité des services d'enquêtes nationaux" ni de "se substituer aux coopérations bilatérales existantes lorsqu'elles sont efficaces" mais d'apporter "une plus-value, en soutien à leur action".

Cette plus-value, dans le domaine du contre-terrorisme, est, selon lui, nettement insuffisante. "Les Etats ne sont pas décidés à jouer le jeu d'une action commune", conclut-il.

Installé dans un quartier cossu de La Haye, à la lisière de la station balnéaire de Scheveningen, le siège d'Europol accueille près de 500 fonctionnaires, dont 80 sont des officiers de liaison, issus des Etats membres ou en passe de le devenir, qui servent de relais entre leur pays d'origine et les services d'Europol. C'est le commissaire Thomas de Ricolfis, ancien chef adjoint de la brigade financière, qui dirige le bureau français.

Né en 1994, Europol a commencé par la lutte contre la drogue avant d'! étendre ses activités à d'autres domaines de la criminalité. A! u lendemain des attentats du 11 septembre 2001, une task force de spécialistes antiterroristes a été mise en place, mais "la pauvreté des informations échangées", selon M. Philip, a conduit à sa mise en sommeil. Elle a été réactivée après les attentats de Madrid, le 11 mars 2004, sans donner apparemment plus de résultats. Le député souligne "l'absence d'un véritable consensus".

"La culture d'un enquêteur, c'est de garder l'information, pas de la communiquer", estime un policier en poste à La Haye.

Sept unités d'Europol se partagent le travail d'analyse des diverses formes de criminalité, sur la base des informations transmises par les Etats. L'une d'entre elles est spécialisée dans le terrorisme. C'est en son sein qu'a été créée la task force antiterroriste, à laquelle ont été confiés des projets spécifiques. Dix-neuf fichiers ont été constitués sur la criminalité organisée, qui vont des "transactions financières suspecte! s" aux "gangs de motards" en passant par le "trafic d'amphétamines" et les "vols de véhicules de luxe". Deux concernent directement le terrorisme : l'un est consacré au terrorisme islamique, l'autre au terrorisme d'origine européenne. Plusieurs dizaines de spécialistes sont à pied d'oeuvre. L'instrument existe. Il ne manque que la volonté politique de s'en servir.



Thomas Ferenczi
Article paru dans l'édition du 01.04.05



Des parlementaires français et allemands débattent d'une redéfinition de l'axe franco-allemand

Des parlementaires français et allemands débattaient aujourd'hui, lors d'un colloque, à Strasbourg, du rôle futur du tandem franco-allemand en Europe. Pour le vice-président du Bundestag, le député chrétien-démocrate Norbert Lammert, il faut redéfinir cette coopération franco-allemande. L'Union européenne a changé depuis l'élargissement, et il faut en tenir compte, a-t-il justifié en ouverture des débats, devant des députés, des politologues, des diplomates et des représentants des entreprises venus de France, d'Allemagne et d'autres pays européens. Ce colloque était organisé par le groupe parlementaire franco-allemand, composé de députés de l'Assemblée nationale et du Bundestag



«QUELLE EUROPE VOULONS-NOUS ?» Une série du «Figaro»
L'Union européenne a besoin de la France

Par Alexander Stubb *
[08 avril 2005] 


La France est le paradoxe de l'Union européenne. Elle est en même temps le moteur et le frein, elle définit la vitesse et les limites de l'intégration.

La Communauté européenne du charbon et de l'acier, fondée en 1952, fut dessinée par les Français Robert Schuman et Jean Monnet. La France a proposé également la création d'une Communauté européenne de défense dès 1954. Ce projet a pourtant échoué en raison de l'opposition de l'Assemblée nationale française. L'intégration européenne a ainsi, dès le début, marqué un temps d'arrêt.

Cinquante ans après l'échec de la Communauté européenne de défense, l'histoire menace de se répéter. Tout dépend de la France.


Selon les sondages d'opinion, il est possible que les Français disent non au traité constitutionnel.

Ce serait une perte pour l'Union européenne entière. Naturellement, il est bon qu'un débat ait lieu. La France fait partie des rares pays où l'UE arrive à mobiliser l'ensemble de la population. Mais encore faut-il que ce débat soit loyal. Que les partisans du non ne jouent pas sur la peur. Qu'ils ne fassent pas miroiter aux yeux des Français des alternatives qui n'existent pas.


En ce moment, un état d'esprit négatif se répand en Europe. On essaie de monter les «grands» contre les «petits», les «anciens» contre les «nouveaux», les «libéraux» contre les défenseurs du «social». Les différences d'approche existent. Parlons-en, parlons-en plus, et de manière plus approfondie mais ne les caricaturons pas : la France est un pays plus libéral qu'il ne croit, et dans le même temps, attaché à la justice sociale.


Dans le nord de l'Europe, nous sommes aussi attachés à ces deux aspects : l'émulation, pour résister dans la compétition globale ; la solidarité, pour ne laisser personne sur le bord du chemin. En travaillant ensemble, dans le cadre du traité constitutionnel, nous pouvons apprendre les uns des autres pour défendre des exigences sociales élevées. Par la confrontation, nous ne progresserons pas.


Les exagérations et déformations qui fleurissent dans le débat français ne sont pas constructives : l'Europe sera un jeu collectif ou elle ne sera pas. Contrairement à ce qu'affirment les partisans du non, une renégociation du traité constitutionnel n'est pas certaine. Et il est encore moins certain que son résultat soit plus favorable aux vues françaises. Parce que la gauche française, hostile au traité, est largement isolée dans l'Union et donne parfois l'impression de rejeter l'économie de marché elle-même. Quelle serait l'alternative ?


Pour être honnête, pour un Finlandais voisin de l'ancienne URSS, ce débat semble un peu... dépassé. Parce que les souverainistes français n'offrent aucune alternative crédible : nos Etats nations sont trop petits pour le monde de demain. Face à la Chine ou à l'Inde, nos querelles intestines «grands» contre «petits» sont dérisoires.


La crise provoquée par un vote négatif en France ne serait pas salutaire. Nous devrions alors tous vivre avec le traité de Nice. Ce serait triste, après le gros travail collectif fait par la Convention, sous la présidence d'un Français, Valéry Giscard d'Estaing. Ce serait l'enterrement, par la France, du rêve français d'une Europe politique puissante, capable de faire entendre sa voix dans le monde. Le paradoxe serait poussé à l'absurde.


La France aime et déteste l'UE, et les autres pays membres de l'UE aiment et détestent la France. Au sein de l'UE, la France est traitée comme un cas exceptionnel. Au Conseil européen de ce printemps, les dirigeants de l'UE ont décidé de faire des compromis sur la directive services pour apaiser les Français.

Les Finlandais ont du mal à comprendre les Français. C'est notre problème à nous, Finlandais. En exagérant un peu, on peut affirmer que la France n'a pas besoin de la Finlande mais la Finlande a besoin de la France. Sans la France, il n'y a pas d'UE. Mais sans une UE forte, que deviendra la France ?

Il faut aider la France à s'en sortir. Il est dans l'intérêt des petits Etats membres de l'UE que la France garde sa place dans l'Union, parce que, sans la France, l'UE n'est rien. Sans l'UE, les petits Etats européens seraient entièrement à la merci des superpuissances.

En ce moment, le sort de la Finlande et des autres pays de l'Union européenne dépend de l'approbation de la Constitution en France. Les concessions faites au Conseil européen de la semaine dernière doivent être interprétées à cette lumière. Tout le monde souhaite éviter que ne se répète le paradoxe français.

Mais les Français doivent aussi avoir conscience de leurs responsabilités. Ils doivent voter en pensant plus aux autres Européens. L'Europe a besoin de la France et les Français ont besoin de l'Europe.

* Député européen finlandais


Joschka Fischer : " l'avenir de la construction européenne dépend de la décision des Français "

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, est venu plaider, hier, en Bretagne, aux côtés de son homologue français, Michel Barnier, pour un " oui " français lors du référendum du 29 mai sur la Constitution européenne. " La décision de la France revêt une importance cruciale, a-t-il expliqué dans une interview commune accordée au quotidien " Ouest-France ". C'est un pays fondateur, une partie de ce cour de l'Europe, dont la France et l'Allemagne sont les deux ventricules ". Dans la journée, les deux ministres ont visité ensemble le marais de Gannedel, un site naturel qui bénéfice de fonds européens, avant de répondre aux questions des étudiants de l'Institut d'études politiques de Rennes.
Le vote sur la Constitution européenne ne relève pas d'un débat interne, a souligné
M. Fischer devant l'assemblée. " C'est la vie de l'Europe qui est en jeu ". Et le ministre d'expliquer face à Ouest-France en quoi " l'avenir de la construction européenne dépend de la décision des Français " : " Il y a tout juste soixante ans que la Seconde Guerre mondiale s'est achevée (.) Je n'ai jamais oublié la phrase de François Mitterrand : 'Le nationalisme, c'est la guerre'. En positif, on peut dire : l'Europe, c'est la paix ".
M. Fischer, figure charismatique des Verts allemands, a aussi voulu répondre aux interrogations françaises sur le supposé " libéralisme " de la Constitution européenne. " En tant qu'homme de gauche, je dis que les Bolkestein de demain auraient le jeu plus facile avec le Traité de Nice (actuellement en vigueur, ndlr) qu'avec la Constitution ", a-t-il déclaré en référence à la directive de l'ancien commissaire européen sur la libéralisation des services dans l'Union européenne (UE) - une directive dont l'Allemagne a également demandé une refonte. Michel Barnier explique : " L'Europe n'est pas une zone de libre-échange n'ayant pour règle que la concurrence fiscale et sociale. La France et l'Allemagne ont voulu faire de cet espace européen autre chose qu'un supermarché. (.) On a besoin d'institutions fortes pour avoir des politiques fortes. C'est l'objet de la Constitution ".
M. Fischer a, par ailleurs, estimé que le texte était " un excellent compromis ". " Un compromis dynamique, le meilleur auquel on puisse parvenir avant longtemps ", a renchéri M. Barnier. Sur la même longueur d'ondes, les deux ministres des Affaires étrangères ont également souligné l'importance, pour l'UE, de la création d'un ministre des Affaires étrangères européen, prévu par la Constitution. Sans chercher à créer une politique étrangère unique, " il faut vraiment qu'il y ait une position commune de l'Union européenne si nous voulons jouer un rôle décisif dans la monde du XXIème siècle ", juge M. Fischer. Pour son homologue français, " ce ministère sera le lieu d'une culture diplomatique, d'une analyse géopolitique, d'une anticipation communes, tout ce qui nous a manqué au moment de l'explosion de la Yougoslavie ".

ACTUALITÉS CIDAL 12.04.2005


Pour Joschka Fischer, l'avenir de l'Europe dépend du vote français
LE MONDE | 12.04.05 | 14h53  •  Mis à jour le 12.04.05 | 15h16

La montée du non à la Constitution européenne en France commence à inquiéter sérieusement le gouvernement allemand. Venu épauler, lundi 11 avril, à Rennes, son homologue Michel Barnier dans sa tournée d'explication avant le référendum, le ministre allemand des affaires étrangères, le Vert Joschka Fischer, a été sans nuance : "C'est la vie de l'Europe qui est en jeu. Il faut dire oui car, si nous restons avec le traité de Nice, c'est la fin de l'Union européenne."

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement allemand s'exprimait d'une manière aussi claire. "La décision de la France est très importante. Ce n'est pas une question de politique intérieure. L'avenir de l'Europe dépend de cette décision", a déclaré le vice-chancelier allemand.

En mai 2000, alors que les relations entre le chancelier Gerhard Schröder et le président Jacques Chirac n'étaient pas au plus haut, M. Fischer avait été le premier à lancer l'idée d'une Constitution européenne, dans un discours resté célèbre prononcé à l'université d'Humboldt à Berlin. On en était alors encore à la négociation du traité de Nice, qui devait, quelques mois plus tard (en décembre), sous présidence française, échouer à jeter des règles du jeu jugées satisfaisantes pour un bon fonctionnement de la future Europe élargie.

Proposant d'avancer vers une "fédération européenne", le ministre avait estimé que "cette fédération devra se fonder sur un traité constitutionnel". Il est aussi celui qui, à l'époque, en prévision de l'élargissement, avait souligné, dans plusieurs discours, que l'Allemagne ne devait plus jamais se laisser tenter, en dépit de sa position au milieu de l'Europe, à jouer un jeu de balance entre l'est et l'ouest du continent, ce qui a conduit dans le passé aux conflits.

L'avertissement lancé lundi par M. Fischer est une réponse à ceux qui estiment qu'un non au référendum n'aurait pas de répercussions importantes sur la coopération franco-allemande, dont la relance a été l'un des moteurs de la négociation de la Constitution, avant de permettre à la France de tenir tête aux Etats-Unis contre l'intervention en Irak.

Même s'il a divisé momentanément l'Europe, le partenariat franco-allemand, dans la crise irakienne, a contribué à relancer l'idée d'une politique extérieure et de défense européenne, ce que la Constitution a ensuite repris à son compte. Réfutant l'idée que l'Europe serait moins sociale avec le nouveau traité, le leader des Verts allemands a déclaré qu'"en tant qu'homme de gauche" il pensait "que nous avons, avec la Constitution, une bonne base pour les droits sociaux et l'équité sociale". Il a estimé qu'avec elle "les idées de Bolkestein auront la vie plus difficile que sans la Constitution".

L'Allemagne, comme la France, s'est émue de l'implication du projet de directive sur les services, qu'avait proposé l'ancien commissaire européen, sur le marché du travail allemand. La crainte d'un afflux de main-d'oeuvre des pays frontaliers de l'Est avait conduit l'Allemagne ­ avec l'Autriche ­ à exiger une période transitoire de sept ans, après l'élargissement du 1er mai 2004, avant que ne soit autorisée la libre circulation des personnes de l'Est à l'Ouest.

L'Allemagne, dès 1996, s'était prémunie contre l'envoi de travailleurs bon marché par des entreprises des pays d'Europe centrale, en légiférant sur les salaires minimums et les cotisations sociales à respecter dans certains secteurs du bâtiment.

Cette précaution a été en partie contournée par la possibilité qu'ont trouvée les artisans de certaines branches professionnelles de s'immiscer dans le système allemand, notamment en créant des mini-entreprises personnelles. Aujourd'hui, cela concerne les carreleurs et les travailleurs des abattoirs, qui ont envahi le marché en proposant leurs services à des prix imbattables.

Devant la montée du chômage, qui se maintient depuis le début de l'année à plus de 5 millions de personnes, la question est revenue, avec l'affaire Bolkestein, au coeur du débat politique. Des élections cruciales, le 22 mai, une semaine avant le référendum français, en Rhénanie-du-Nord - Westphalie, le Land le plus peuplé d'Allemagne, fief des sociaux-démocrates, rend le chancelier particulièrement nerveux. Comme l'approche des élections législatives de 2006.

A Dortmund, M. Schröder a été ferme, samedi 9 avril : "Une directive sur les services ne recevra mon aval que s'il est clair comme de l'eau de roche qu'on n'assiste pas à un dumping social et si les mesures de protection des salariés existant en Allemagne s'appliquent à tous ceux qui y travaillent, et pas seulement aux Allemands."


Henri de Bresson


L'Europe sanctionnée
Par Serge JULY


mardi 15 juin 2004 (Liberation - 06:00)
  
Le vote-sanction aura été la vedette des scrutins européens. Vote-sanction contre les équipes gouvernementales en place dans des élections renationalisées dans chaque pays, mais aussi vote-sanction à l'échelle continentale sur l'Union européenne. L'un ne saurait masquer le second, au moins aussi important. Lorsque 55 % d'électeurs en Europe s'abstiennent, ce sont en effet 190 millions d'Européens qui prennent au mieux le parti de l'indifférence, au pire celui de la désobéissance. Le déficit démocratique fait partie des airs les plus connus de la crise européenne. Ce déficit est confirmé. Une majorité d'abstentionnistes auxquels s'ajoutent des votes en faveur des courants populistes antieuropéens : pour la première élection depuis la réunification de l'Europe le 1er mai dernier, quel triomphe !

Romano Prodi, président sortant de la Commission en exercice, a donné le la de ce retour sans façon au cadre national : il a fait campagne en Italie, contre le gouvernement Berlusconi, en leader officieux de l'opposition. Les nouveaux pays adhérents à l'Union ont fait de même. Il y a eu une sorte d'unanimité générale pour en revenir au pré carré.

La schizophrénie des dirigeants européens consiste à accuser Bruxelles d'abus de pouvoir systématiques pour masquer le rôle effectif du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement et la pratique de la souveraineté partagée. Sans compter les déguisements ou les fausses barbes dont les dirigeants français de gauche et de droite sont friands : l'Europe devenant dans leur bouche une sorte de Grande France, ce qu'elle n'est pas. Au point que les optimistes pourraient même trouver matière à espérer, puisqu'il s'est quand même trouvé dans ces conditions exécrables de fortes minorités pour participer à cette consultation.

Double langage décrédibilisant l'Europe d'une part, absence de toute ambition européenne depuis Maastricht et le lancement de la monnaie unique, enfin, un système électoral différent d'un pays à l'autre, aucun élu strictement européen, pas la moindre dimension transnationale : il est logique, au bout du compte, que l'Europe ait occupé une part mineure dans cette consultation.

Le monde a été bouleversé depuis 1992, mais la construction patine, ne parvenant pas à passer à l'étape supérieure, ni à trouver les leaders à la mesure de cette ambition. Le règne des petits arrangements institutionnels accaparant toutes les énergies, occupant tous les calendriers depuis des années pour éviter un désastre constitutionnel, il est à craindre que ce désastre finisse par triompher.

Les résultats de la consultation vont influer négativement sur les négociations en cours autour du projet de Constitution, qui risque d'être vidé de son peu de substance, pour devenir un texte au rabais. Qu'il n'ait pas été possible de conclure les travaux avant l'élargissement, comme avant les élections européennes, vaut tous les messages du monde sur la pratique désormais généralisée en Europe de «la charrue avant les boeufs».

Pourtant les élections européennes sont bien nommées. Ce sont en effet les seules consultations démocratiques associant les Européens aux destinées de l'Union. L'occasion n'a pas été manquée : cette Europe politiquement molle a été sanctionnée.




Constitution européenne: un 13e «oui», luxembourgeois
 par Constant Brand

LUXEMBOURG (AP) - Le Luxembourg est devenu le 13e pays à approuver la Constitution européenne: les électeurs du Grand Duché ont voté «oui» à 56,52% lors d'un référendum dimanche, près d'un mois et demi après les «non» français et néerlandais, selon les résultats définitifs.
Farouche partisan du «oui», le Premier ministre Jean-Claude Juncker avait averti qu'il démissionnerait en cas de rejet du traité constitutionnel par ses concitoyens. «Si le Luxembourg avait dit 'non', la Constitution serait morte. Comme le Luxembourg a dit 'oui', le processus (de ratification, NDLR) peut se poursuivre», s'est félicité M. Juncker.
»Petit poucet» de l'Union européenne avec ses 400.000 habitants, le très europhile Luxembourg était le premier pays membre à organiser un référendum sur la Constitution depuis le rejet du traité par la France et les Pays-Bas.
Lors d'un sommet en juin à Bruxelles, les dirigeants des Vingt-Cinq n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord sur la façon dont il fallait procéder avec la Constitution. Ils avaient donc décrété une «pause» pour réfléchir à l'avenir de l'Europe.
Contrairement à la Grande-Bretagne, au Danemark et au Portugal, qui avaient annulé leurs référendums, le Grand Duché avait, lui, maintenu sa consultation. Ses 223.000 électeurs se sont donc rendus aux urnes dimanche, le vote étant obligatoire au Luxembourg.
Le «non» a recueilli 43,28% des suffrages, essentiellement dans le sud-ouest industrialisé, près de la frontière française. Durant la campagne, les partisans du «non» ont notamment argué que le traité constitutionnel n'apportait pas de réponse satisfaisante aux inquiétudes sur le chômage.
Mais le «oui» l'a emporté avec 56,52% des voix.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que les Luxembourgeois avaient ainsi donné un «signal fort». Les électeurs pensent que la Constitution peut contribuer à bâtir «une Europe plus démocratique», a-t-il affirmé. Il a cependant reconnu que l'avenir du traité constitutionnel restait »incertain».
A Berlin, le chancelier allemand Gerhard Schröder a considéré qu'en votant «oui», les Luxembourgeois ont appelé «tous les Européens à rechercher des façons de surmonter la crise actuelle». »Nous verrons quelles sont les positions des pays qui ont dit 'non' à la fin de la période de ratification», a dit Jean-Claude Juncker.
AP cb/v405
© AP - The Associated Press.


Constitution européenne: le «oui» l'emporte au Luxembourg
AP | 10.07.05 | 18:12

LUXEMBOURG (AP) -- Les Luxembourgeois ont dit «oui» dimanche à la Constitution européenne: les électeurs du Grand Duché ont été 56,52% à se prononcer en faveur du traité constitutionnel lors d'un référendum, près d'un mois et demi après les «non» français et néerlandais, selon les résultats définitifs.
Farouche partisan du «oui», le Premier ministre Jean-Claude Juncker avait averti qu'il démissionnerait en cas de rejet du traité constitutionnel par ses concitoyens.
«Petit poucet» de l'Union européenne avec ses 400.000 habitants, le très europhile Luxembourg est le premier pays membre à organiser un référendum sur la Constitution depuis le rejet du traité par la France et les Pays-Bas.
Le succès du «oui» fait de ce pays le 13e Etat membre de l'UE à ratifier le traité constitutionnel, processus pour lequel les Vingt-Cinq ont décrété une «pause de réflexion» lors de leur dernier sommet, le mois dernier à Bruxelles.
Les derniers sondages réalisés début juin accordaient une légère avance au «oui» mais faisaient apparaître une poussée du «non», autour de 45%, contre 32% en mai et 23% en avril, selon l'institut Ilres.
Une victoire du «non» aurait renforcé le sentiment d'une Constitution mort-née et provoquerait une crise ouverte au Luxembourg et au sein de l'Union, M. Juncker étant le doyen en exercice des chefs d'Etat et de gouvernement européens. AP



Le Luxembourg maintient la Constitution européenne en vie
Dimanche 10 juillet 2005, mis à jour à 18:30
LEXPRESS.fr avec Reuters
Le Luxembourg est devenu le treizième pays à ratifier la Constitution européenne lors d'un référendum largement remporté par le camp du "oui" malgré la vague eurosceptique qui balaye actuellement l'Union.

Les quelque 223.000 électeurs luxembourgeois appelés aux urnes se sont prononcés à 56,52% pour le traité contre 43,48% en faveur du "non", selon les résultats officiels complets.

"C'est l'expression du suffrage universel d'un petit peuple, d'un petit pays, mais d'une grande nation", a déclaré le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, selon lequel cela permet de garder le traité constitutionnel "à l'ordre du jour de l'Union".

La portée de ce vote est largement symbolique, puisque le double "non" français et néerlandais laisse peu d'illusions aux partisans de la Constitution de voir ce texte entrer en vigueur dans un avenir prévisible et sous sa forme actuelle.

Lors de leur sommet de la mi-juin, les dirigeants européens ont d'ailleurs décrété une "période de réflexion" pour permettre aux pays qui, comme la Pologne ou le Danemark, doivent organiser une consultation populaire d'éviter de prendre un tel risque pour un texte mort-né, sans empêcher les autres de le ratifier.

Mais toutes les forces politiques du Grand-Duché, partisans et adversaires de la Constitution confondus, ont voulu mener le débat à son terme et son étonnante intensité aurait pu donner à croire que Français et Néerlandais avaient déjà dit "oui".

Jean-Claude Juncker, doyen du Conseil européen alors qu'il vient seulement d'avoir 50 ans, avait encore fait monter les enchères en annonçant qu'en cas de "non" il renoncerait à ses fonctions qu'il occupe depuis dix ans.

UNE QUESTION DE PRINCIPE
Pour cet Européen passionné, c'était une question de principe, tant il est vrai que les 450.000 habitants du Luxembourg ont prospéré grâce à l'Union européenne jusqu'à devenir le peuple le plus riche d'Europe, voire du monde.

Un nouveau "non" au Grand-Duché, le troisième dans un pays fondateur de l'UE, aurait sans doute définitivement sonné le glas de la Constitution puisque tous les référendums, sauf en Espagne, se seraient soldés par des rejets populaires.

De manière frappante, c'est dans les circonscriptions proches de la France que l'on a rejeté le texte.

Dans le reste du pays, on s'est presque partout prononcé comme les voisins d'Allemagne ou de Belgique, même si dans ce dernier pays quelques parlements régionaux doivent encore se prononcer.

Le "oui" massif de dimanche dans un contexte très difficile ne permet pas de renverser la vapeur, puisqu'on pourra toujours opposer l'argument du nombre - 60 millions de Français contre un électorat de la taille d'une ville moyenne en France.

Mais il a pour effet de maintenir artificiellement en vie la Constitution, puisqu'une majorité des pays l'ont ratifiée.

"C'est un signal fort", a estimé dans un communiqué le président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, pour lequel cela signifie que la plupart des pays considèrent que le traité constitutionnel "répond à leurs attentes".

La Constitution a en effet prévu des accidents de parcours: si au moins 20 Etats l'ont ratifiée, et ce chiffre pourrait être atteint sans trop de difficultés, le Conseil européen se réunira et décidera de l'attitude à adopter.

Cela ouvre théoriquement la porte à une nouvelle consultation des peuples ou des parlements nationaux qui auraient dit "non" sur le même texte ou un texte modifié.

UN ENCOURAGEMENT À SORTIR DE LA CRISE
"Le 'oui' du peuple luxembourgeois à la Constitution européenne est aussi une déclaration d'adhésion à l'Europe au moment où l'Union européenne est dans une passe difficile", a déclaré le chancelier Gerhard Schröder en estimant qu'il s'agissait d'un encouragement à "surmonter rapidement la crise".

Pour Martin Schulz, le chef du groupe socialiste au Parlement européen, c'est "une nouvelle chance pour le processus de ratification" que les Luxembourgeois ont donnée à l'Europe.

Le jeu en valait donc la chandelle pour Juncker, mais le pari était risqué puisque les sondages, qui prévoyaient il y a quelques mois une victoire soviétique du "oui", montraient une progression spectaculaire du "non" ces derniers temps.

C'est qu'ici comme ailleurs, un élargissement à l'Est vécu comme étant trop rapide et la mondialisation ont beaucoup joué.

Dans ce pays profondément catholique, la perspective de l'adhésion de la Turquie musulmane a également été utilisée comme argument par le "non" de droite et les Luxembourgeois sont inquiets pour leur identité et leur langue, le Lëtzebuergesch.

Il n'y a en effet que 277.400 citoyens luxembourgeois, 38,6 des résidents étant des étrangers d'origine communautaire - par ordre d'importance, des Portugais, des Français, des Italiens et des Belges - qui risquent un jour d'être majoritaires.

Mais les arguments du "oui", qui faisaient surtout référence au projet de paix, ont porté dans un pays où le souvenir de la guerre est vivace, tant l'occupation nazie y a été féroce.

Abonné aux surplus budgétaires et à une croissance économique de dragon asiatique, le Luxembourg sait en outre ce qu'il doit à l'Europe et au rôle joué dans sa prospérité par les institutions européennes installées sur son territoire.

L'aura de héros national dont bénéficie Juncker après son vain combat pour obtenir un accord budgétaire lors du récent sommet de Bruxelles a encore augmenté dans le Grand-Duché.


Les Luxembourgeois disent "oui" à la Constitution
 
Le "Jo" l'emporte avec 56,52% des voix lors du référendum sur la Constitution européenne organisé dimanche au Luxembourg. Le Grand Duché est le treizième pays à ratifier la Constitution, le premier par référendum après les "Non" français et néerlandais.
Mis en ligne le 10 juillet 2005  
 
Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois a sauvé sa tête. Ses compatriotes ont approuvé par référendum dimanche la Constitution européenne, le oui l'emportant avec 56,52% des voix contre 43,48% pour le non, selon les résultats définitifs.
Petit Poucet des 25 avec Malte, le Luxembourg (400.000 habitants) était le premier pays de l'Union européenne à organiser une consultation populaire depuis le rejet massif du traité en France et aux Pays-Bas. Il accueille sur son sol plusieurs institutions et organes européens comme la Cour de Justice.
Ce succès du "Oui", qui fait du Grand Duché le treizième à ratifier la Constitution (et le deuxième par référendum après l'Espagne), ne devrait guère changer la donne pour le texte que les dirigeants européens ont décidé le 16 juin au sommet de Bruxelles de mettre en hibernation au moins jusqu'en 2007.
Crise nationale évitée
Une victoire du "Non", la troisième d'un des pays à l'origine de la construction européenne, n'aurait fait que renforcer la conviction de la plupart des analystes, pour qui le traité est dans les faits déjà mort. Elle risquait surtout d'entraîner une crise majeure au plan national et de chambouler la scène européenne avec la disparition du Premier ministre Jean-Claude Juncker, au pouvoir depuis dix ans et doyen en exercice des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Après six mois de présidence des 25 rendus cauchemardesques par le "Non" franco-néerlandais et l'échec du sommet de Bruxelles sur le budget 2007-2013 de l'UE, Jean-Claude Juncker, qui a cédé son tablier au Britannique Tony Blair le 1er juillet, avait juré qu'il démissionnerait en cas de rejet de la Constitution.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a accueilli "avec une grande satisfaction" cette victoire du "Oui".  "C'est un signal fort car cela signifie qu'une majorité des Etats membres considère que le Traité constitutionnel répond à leurs attentes en ouvrant la voie à une Europe plus démocratique, plus transparente, plus efficace et plus forte sur la scène mondiale", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Réactions au "oui" luxembourgeois

"Une bonne nouvelle pour l'Europe", selon le ministre espagnol des Affaires étrangères. "C'est une bonne nouvelle pour l'Europe", qui peut contribuer "à changer le climat négatif et de pessimisme dans lequel nous sommes" depuis le double non en France et aux Pays-Bas", a déclaré Miguel Angel Moratinos.

"Le peuple luxembourgeois peut être fier", selon le chancelier allemand. Gerhard Schröder a salué la victoire du "oui" affirmant que "le peuple luxembourgeois peut être fier" de ce résultat. La victoire du oui est "un encouragement et une invitation à tous les Européens pour trouver rapidement un chemin commun afin de surmonter la crise actuelle", a-t-il affirmé.


Le plombier polonais préfère rester chez lui  
 
 Depuis l'élargissement à l'Est de l'Union européenne, le nombre de travailleurs ayant migré vers l'Ouest est largement inférieur aux prévisions. Ce qui s'explique en partie par les restrictions imposées par douze pays de l'UE.
   
 Campagne publicitaire de l'Office de tourisme polonais - AFP 
  
"La déferlante n'a pas eu lieu", constate La Libre Belgique. Ainsi, "l'élargissement de l'Union ne s'est pas accompagné d'un flot massif de travailleurs venant de l'Europe centrale et baltique", relate le quotidien belge. Depuis le 1er mai 2004, date de l'élargissement de l'Union, 622 ressortissants des nouveaux pays membres, d'Europe centrale et baltique (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie), se sont installés en Belgique, selon les chiffres de l'Office des étrangers.

La Tribune de Genève dresse un constat similaire. "La Suisse, pas plus que les pays voisins, ne doit se préparer à un flux massif de travailleurs tchèques, lettons ou polonais." Pour le démographe Philippe Wagner, interrogé par le quotidien, "les craintes symbolisées par le désormais célèbre 'plombier polonais' relèvent du pur fantasme. De toutes récentes données montrent qu'il n'y a presque pas eu de déplacements de gens de l'Est vers les pays de l'Ouest en 2004, au moment de l'élargissement de l'UE", explique le spécialiste, directeur du Forum suisse pour l'étude des migrations et de la population. "Les projections estimaient à 3 % la part de la population active des nouveaux pays membres de l'UE prête à migrer en direction des anciens membres. Nous savons aujourd'hui qu'en une année elle est demeurée nettement inférieure à 1 %", ajoute le démographe. "La conjoncture actuelle ne permet guère d'assurer au plombier polonais un meilleur niveau de vie en France que dans son pays. Le profil du migrant entreprenant est identique à celui d'un entrepreneur dynamique dont une économie émergente a besoin. Il a donc souvent avantage à demeurer dans son pays", analyse-t-il. 
 

Reste que l'afflux de travailleurs de l'Est a largement dépassé les prévisions au Royaume-Uni, seul pays à ouvrir ses frontières sans restrictions avec l'Irlande et la Suède. "Plus de 230 000 travailleurs immigrés de l'Est ont déposé une demande de permis de travail au Royaume-Uni entre le 1er mai 2004 et la fin de juin 2005, d'après un rapport du gouvernement britannique publié mardi 23 août", relate The Times. "Ce chiffre est 18 fois supérieur aux estimations du ministère de l'Intérieur britannique, qui prévoyait l'arrivée de 5 000 à 13 000 travailleurs. Ce décalage s'explique par la fermeture des frontières des autres pays européens", estime The Times. "La majorité des immigrés viennent de Pologne, avec 130 000 demandes de permis de travail. Mais le 'plombier polonais', utilisé par les opposants à la Constitution lors de la campagne référendaire en France, se révèle n'être qu'un mythe. Seuls 95 plombiers et chauffagistes font partie des milliers de travailleurs arrivés au Royaume-Uni."

Pour l'instant, "douze pays d'Europe occidentale (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Portugal) ont fermé pour deux ans leur marché aux travailleurs des huit pays membres d'Europe de l'Est, afin de répondre à la crainte populaire, réelle ou supposée, de voir l'adhésion à l'Union s'accompagner d'une déferlante de main-d'œuvre bon marché", rappelle La Libre Belgique. "Cette limitation à la sacro-sainte libre circulation des personnes court jusqu'au mois de mai prochain et, déjà, les capitales d'Europe centrale, comme Varsovie et Budapest, poussent les Occidentaux à l'abandon d'une barrière qui pourrait être prolongée trois, voire cinq ans. Limitrophes, l'Allemagne et l'Autriche ne paraissent pas très chaudes pour l'instant, mais d'autres Etats pourraient céder", estime le journal belge.

Pour le Financial Times, "la campagne silencieuse menée par les nouveaux Etats membres pour la levée des contrôles mérite un fort soutien, car l'Union européenne a besoin du dynamisme économique que les migrants peuvent générer", assure le Financial Times. "Les restrictions au travail sont des vestiges de la division de l'Europe par la guerre froide. Les Européens de l'Est, qui ont lutté si longtemps pour leur liberté, éprouvent du ressentiment face à ces mesures discriminatoires. L'exemple britannique montre que la peur de voir les travailleurs immigrés voler les emplois et profiter de la sécurité sociale était exagérée. Des dizaines de milliers d'Européens de l'Est ont travaillé au Royaume-Uni, contribuant pour 500 millions de livres, soit 730 millions d'euros, à l'économie britannique l'an dernier." Pour le quotidien économique, la vieille Europe, à l'économie stagnante, a tout intérêt à "ouvrir les portes". "La levée des contrôles enverrait un signal fort : l'UE serait engagée à la fois à achever sa réunification et à relancer son économie", conclut le quotidien économique.  
 
 Hamdam Mostafavi 


Le Service Europe du Citoyen de l'AFCCRE
 
 A l'attention :
- des élus, fonctionnaires territoriaux et responsables associatifs chargés des jumelages, des affaires européennes et des relations internationales,
 
 
Madame, Monsieur,
 
La Fédération Française des Maisons de l'Europe (FFME) lance la deuxième édition du prix de la Citoyenneté européenne.
 
Ce prix s'adresse à tout(e) citoyen(ne) de l'Union européenne ayant réalisé des actions de terrain favorisant un sentiment d'appartenance
à l'Union européenne. Il récompensera des intiatives menées soit à titre individuel, soit dans le cadre associatif, soit par des groupes informels.
 
Les actions présentées par les personnes ou organismes candidats doivent avoir eu pour but de renforcer l'identification des citoyen à l'Union européenne
et la prise de conscience de l'existence d'un bien commun européen.
 
L'AFCCRE invite les associations/comités de jumelage à participer à ce concours qui constitue une excellente occasion de mettre en valeur le travail mené
dans le cadre des centaines de partenariats et d'échanges réalisés entre les communes françaises et européennes.
 
Les dossiers de candidatures et le règelement du concours sont disponibles sur le site internet de la FFME :
 http://www.maisondeleurope.org/PG_Actu.asp