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Le 60ème anniversaire du Débarquement sous le signe de la réconciliation franco-allemande

Le président Jacques Chirac et le chancelier Gerhard Schröder réunis dans une accolade devant le Mémorial de la Paix, à Caen, pour commémorer ensemble le Débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie. Cette image symbolique fera date dans l'histoire de la réconciliation franco-allemande, et restera l'un des moments forts des cérémonies qui célébraient, hier, le 60ème anniversaire du Jour J. " En ce jour du souvenir et de l'espérance, les Françaises et les Français vous reçoivent plus que jamais en ami. Ils vous reçoivent en frère ", a déclaré Jacques Chirac en s'adressant au chancelier allemand lors d'une cérémonie franco-allemande qui achevait la journée de commémoration. A son invitation, le chancelier était le premier chef de gouvernement allemand à participer aux commémorations du Débarquement.
Cette invitation représente un " grand honneur pour notre pays et pour la démocratie allemande ", a déclaré Gerhard Schröder. " Le 6 juin marque le début de (.) la libération de l'Europe de la dictature nazie ", et cette invitation " exprime le fait que la période de l'après-guerre est définitivement terminée " avait-il affirmé il y a quelques jours lors d'une interview. Le chancelier avait insisté sur l'importance historique de ce geste.
" Cette cérémonie témoigne devant le monde qu'il n'est pas de conflit, fût-il douloureux et profond, qui ne puisse un jour laisser place au dialogue et à l'entente. (.) Il y a toujours un chemin possible pour la paix ", a souligné hier M. Chirac. " Allemands et Français ont choisi de porter ce message ", et mis leur énergie au service de la construction européenne. " Le souvenir que la France garde du 6 juin 1944 est différent de celui de l'Allemagne et pourtant, ce souvenir a fait naître chez les uns et les autres le même sentiment : nous sommes convaincus que nous voulons la paix ", a déclaré un peu plus tard le chancelier allemand, qui a reçu un accueil chaleureux de la population normande tout au long de la journée.
Gerhard Schröder a affirmé la responsabilité de l'Allemagne à l'égard de l'Histoire. " Nous, Allemands, savons qui sont les auteurs criminels de la guerre. Nous sommes conscients de notre responsabilité face à l'Histoire et nous l'assumons ". Le chancelier a évoqué la mémoire des habitants du village d'Oradour-sur-Glane, " victimes des troupes SS et de leur brutalité ". Et de poursuivre : " Les cimetières militaires et les cicatrices des deux guerres mondiales  imposent un devoir de chaque instant à tous les peuples européens et en particulier au peuple allemand, le devoir de s'opposer au racisme, à l'antisémitisme et aux idéologies totalitaires ".
" Ce n'est pas l'ancienne Allemagne de ces années sombres que je représente ici aujourd'hui ", a dit Gerhard Schröder. L'Allemagne, " démocratie prospère et stable ", a " retrouvé sa place au sein de la communauté des peuples civilisés ". " La folie nationaliste s'est transformée en un partenariat européen ". " Je vous lance un appel pour qu'ensemble, nous mettions à profit cette journée de commémoration pour faire progresser notre ouvre de paix ", a-t-il affirmé devant un grand nombre de jeunes Français et Allemands, invités à rencontrer des témoins et des acteurs de la bataille de Normandie un peu plus tôt dans la journée.
Auparavant, le chancelier avait assisté à la cérémonie de commémorations qui réunissait 17 chefs d'Etat et de gouvernement à Arromanches. En fin d'après-midi, il avait également rendu hommage à la mémoire des soldats alliés et allemands qui reposent au cimetière de Ranville.




ALLOCUTION PRONONCEE PAR MONSIEUR JACQUES CHIRAC
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
A L’OCCASION DE LA CEREMONIE FRANCO-ALLEMANDE AU MÉMORIAL DE LA PAIX
***
60ème ANNIVERSAIRE DU DEBARQUEMENT
Caen, Dimanche 6 juin 2004

Monsieur le Chancelier fédéral,
Soixante ans ont passé, mais ni vous, ni nous n’avons rien oublié de ces heures où s’est joué l’essentiel du destin de l’Europe et du monde. Vous êtes là aujourd'hui. Vous représentez l'Allemagne et le peuple allemand. C'est un moment de très grande émotion.
Le débarquement de Normandie a été le face-à-face sanglant de milliers de combattants, soldats alliés et soldats allemands. Mais le 6 juin 1944 marque surtout le renouveau de la liberté et de la démocratie sur un continent européen opprimé sous le joug de l’idéologie nazie et de sa folie meurtrière.
Aujourd’hui, dans le respect de l’Histoire et des souffrances éprouvées, l’heure est d’abord au souvenir et au recueillement. Mais elle est aussi à ce présent que nous avons choisi de construire en commun. A cet avenir que nous voulons regarder ensemble. Cet avenir de paix et d’entente dont nos prédécesseurs ont eu la géniale intuition et qu’ils ont forgé à force de vision, de courage et de volonté.
L’idée européenne, les projets qui l’incarnent, sont en réalité nés ici même. Avec la fin annoncée du IIIe Reich. Avec la liberté et la démocratie restaurées. Avec surtout le sentiment unanime que ces guerres fratricides qui ont enflammé le monde étaient la négation de l'Europe, de ses valeurs et de sa culture. Que tant de souffrances et de destructions ne pouvaient avoir été endurées en vain. Que nous devions à nos morts de donner un sens à leur sacrifice, en nous engageant résolument dans la seule voie qui assurerait la paix en Europe : celle de la réconciliation entre nos deux pays, entre nos deux grands peuples. Celle de la démocratie. Cette exigence fut le fil conducteur de soixante années de politique étrangère en France et en Allemagne. Ce fut le ressort profond du mouvement d'unification européenne.
Monsieur le Chancelier fédéral,
Votre présence ici témoigne, une fois encore, de ce long et patient travail de réconciliation. Un travail fructueux que les dirigeants de nos deux pays entreprirent au lendemain de la guerre, avec la légitimité de leurs engagements passés, avec l’aura que leur conférait l’histoire.
C'est la création à Paris de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. C'est l'entrée de l'Allemagne dans l'Alliance Atlantique. C’est le Traité de l'Elysée scellant la réconciliation franco-allemande et créant le cadre de la coopération entre nos deux pays. C’est le Général de Gaulle reçu triomphalement en Allemagne quelques semaines seulement après la visite mémorable de Konrad Adenauer en France. Ce sont Helmut Kohl et François Mitterrand, main dans la main, devant le mémorial de Verdun. Ce fut l'an dernier à Versailles, où tant de ressentiments avaient pu naître, la réunion fraternelle de nos deux Parlements.
Monsieur le Chancelier fédéral,
Vous assumez la mémoire de l’Allemagne. Vous en incarnez aussi le renouveau. Vous êtes né quand renaissait l'espoir. Vous appartenez à cette génération née dans les ruines, qui s’est affirmée avec la volonté de construire un pays nouveau, une démocratie exemplaire, dans la fidélité aux valeurs universelles des droits de l’homme et de la liberté. Cette génération qui a su restaurer la place de l'Allemagne, foyer de l’humanisme et berceau de la pensée, parmi les nations européennes, au sein de la communauté des nations. Cette génération qui a connu le bonheur de la réunification, après un demi-siècle d’une cruelle division.
*

Cette cérémonie témoigne devant le monde qu'il n'est pas de conflit, fût-il douloureux et profond, qui ne puisse un jour laisser place au dialogue et à l’entente. Aux hommes qui s’affrontent dans la nuit interminable de la haine et du ressentiment, notre réconciliation offre une véritable espérance. Mieux, elle offre un choix. Celui de l’audace, du courage et de la patience. Il y a toujours un chemin possible pour la paix.
Ensemble, Allemands et Français ont choisi de porter ce message. Ils ont voulu tisser de nouvelles solidarités. Ils ont mis leur énergie au service de la construction et de l’ambition européennes. A chaque étape de son histoire, chaque fois que l’Europe marquait le pas, ils étaient là, avec leur force de conviction, d’impulsion, de proposition et d’action pour lui faire reprendre sa marche en avant.
L'Europe enfin réunifiée, cette Europe qui renoue avec sa géographie et son passé, est désormais en charge des attentes, des espoirs, du destin de quatre cent cinquante millions de femmes et d’hommes. Elle doit se donner les instruments de décision, les outils d’influence, de rayonnement et d’action que son unité recouvrée lui fait le devoir d’assumer.
Nouvelle ambition pour l'Europe. Nouveau défi aussi pour le couple franco-allemand qui doit, une nouvelle fois, s’affirmer en moteur, en force d’entraînement.
Cette Europe, nous la voulons fière de sa longue histoire, fière de sa culture, fière de la singularité du modèle social et du mode de vie qu’elle incarne.
Une Europe ouverte aux échanges, puissance économique de premier rang, au service de l’emploi et du progrès social.
Une Europe de l’intelligence, du savoir et de la connaissance, forte d’universités réputées et d’une politique de recherche ambitieuse.
Une Europe capable de parler et d'agir d'une seule voix. Capable de mettre son expérience historique et ses valeurs humanistes au service d'un ordre international, plus juste, plus solidaire, plus respectueux de la dignité de l'homme, de la diversité des cultures et des peuples.
Notre conviction est qu'une Europe forte contribuera à la stabilité du monde et donnera un nouvel élan à la relation transatlantique. C'est par son engagement au service de la paix et de la solidarité que l'Europe sera fidèle à la mémoire de tous ceux qui sont tombés ici pour la liberté.
*
Voici soixante ans, à cette heure-ci, Caen brûlait, dans « une mer de flammes » raconteront les témoins. A vous, Madame le Maire et à tous les habitants de Caen, je tiens à dire que la France n’oublie pas le martyre de votre cité. Elle sait le lourd tribut que votre ville a payé pour sa libération.
Le mémorial de la paix, où nous sommes réunis, nous rappelle que la guerre n’est que destructions, souffrances et larmes.
Mais il nous enseigne aussi tout le prix de la paix et de la réconciliation, de la liberté et de la démocratie. Cette paix et cette réconciliation, cette liberté et cette démocratie que vous incarnez aujourd’hui, Monsieur le Chancelier Fédéral, par votre présence, ici, en France, sur cette belle terre de Normandie.
En ce jour du souvenir et de l'espérance, les Françaises et les Français vous reçoivent plus que jamais en ami. Ils vous reçoivent en frère.




Discours prononcé par Monsieur Gerhard Schröder, Chancelier de la République fédérale d'Allemagne, à l'occasion de la cérémonie franco-allemande du soixantième anniversaire du Débarquement à Caen, le 6 juin 2004


Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs,
Chers concitoyens européens,

Il y a soixante ans aujourd'hui, Caen et la Normandie étaient le théâtre de souffrances incommensurables et des dizaines de milliers de victimes jonchaient ce sol, ce même sol sur lequel de vaillants soldats déployaient leur courage pour libérer l'Europe.

Le souvenir que la France garde du 6 juin 1944 est différent de celui de l'Allemagne et pourtant, ce souvenir a fait naître chez les uns et les autres le même sentiment: nous sommes convaincus que nous voulons la paix. Nous, Allemands, savons qui sont les auteurs criminels de la guerre. Nous sommes conscients de notre responsabilité face à l'Histoire et nous l'assumons. Des milliers de soldats alliés sont morts en un seul jour, un jour d'horreur. Ils ont payé de leur vie pour la liberté.

Des soldats allemands sont morts parce qu'ils avaient été entraînés dans une campagne meurtrière pour asservir l'Europe.

Mais, dans leur mort, tous ces soldats étaient réunis par delà les camps auxquels ils appartenaient, réunis dans le deuil de leurs parents et de leurs épouses, de leurs frères et sœurs et de leurs amis. Nous nous inclinons devant la douleur qui les oppresse tous.

J'évoque la mémoire des habitants d'Oradour qui, il y a soixante ans, ont été les victimes des troupes SS déchaînées et de leur brutalité.

Le souvenir que gardent de ce 6 juin 1944 la France et ses alliés, mais aussi les habitants de cette ville de Caen, qui a tellement souffert, est différent de celui que gardent la plupart des Allemands. Pour la France, ce jour historique marquait la fin de l'occupation qu'elle attendait depuis si longtemps.

Pour de nombreux Allemands, le 6 juin symbolisait l'échec militaire définitif.

D'autres avaient déjà compris depuis longtemps que la tyrannie nazie annonçait l'effondrement moral de l'Allemagne.

Un grand nombre d'entre eux durent payer de leur vie dans les camps de concentration pour s'être opposé au régime de la terreur.

Face à la progression rapide des troupes alliées, les résistants allemands tentèrent un dernier coup contre la dictature le 20 juillet 1944; cette tentative échoua et ils moururent pour une Allemagne meilleure.

Les cimetières militaires et les cicatrices des deux guerres mondiales imposent un devoir de chaque instant à tous les peuples européens et en particulier au peuple allemand, le devoir de s'opposer au racisme, à l'antisémitisme et aux idéologies totalitaires. Les objectifs démocratiques auxquels nous aspirons sont la liberté, la justice et une vie digne pour tous, dans la paix, sans haine religieuse, sans arrogance nationale ni aveuglement politique.

Dans la réalisation de ces objectifs, nous avons pour atouts l'héritage des Lumières, la tolérance et la beauté consolatrice de la culture européenne.

Préserver ces objectifs a été et reste la mission que nous dicte le 6 juin 1944.

L'Europe a tiré les leçons du passé et je tiens à dire que nous, Allemands, nous les acceptons dans toute leur réalité. Une responsabilité incombe aux citoyens européens et à leurs dirigeants politiques, celle de tout faire pour empêcher que les conflits guerriers, les crimes de guerre et le terrorisme ne s'enflamment autre part.

Mesdames, Messieurs,

Le renversement de la dictature hitlérienne a été l'œuvre des alliés à l'Ouest et à l'Est. Nous n'oublions pas non plus les millions de personnes victimes des nazis en Europe de l'Est, ni les femmes et les hommes des pays de l'Alliance occidentale, ni les soldats russes qui ont donné leur vie pour la libération de leur patrie. Personne n'oubliera jamais l'histoire horrible de la dictature hitlérienne qui a duré douze ans.

Ma génération a grandi dans son ombre. Il n'y a que quatre ans que ma famille a retrouvé la tombe de mon père, soldat mort en Roumanie. Je ne l'ai jamais connu.

Mesdames, Messieurs,

Ce n'est pas l'ancienne Allemagne de ces années sombres que je représente ici aujourd'hui. Mon pays a retrouvé sa place au sein de la communauté des peuples civilisés. La construction d'une démocratie prospère et stable a demandé beaucoup de temps. En 1989, les citoyens de l'Allemagne de l'Est ont réussi, dans une révolution pacifique, à renverser la dictature communiste pour instaurer la liberté et réaliser l'unité. Mais, si nous avons pu mener à bien la réunification de notre pays, c'est aussi grâce à la France qui nous a tendu la main, en faisant preuve de générosité et de sagesse politique.

Cette journée du 6 juin 2004 nous offre une bonne occasion d'en remercier la France et ses alliés. Pour renverser la dictature hitlérienne, il a fallu des patriotes et des soldats. C'est précisément parce que nous le savons, nous Allemands, que nous ne sommes pas pacifistes. Mais nous ne voulons pas non plus employer les moyens militaires à la légère. Toutefois, dans les cas où l'intervention militaire a été et reste nécessaire, l'Allemagne ne recule pas devant la responsabilité qui lui incombe pour défendre la paix et les droits de l'homme.

Mesdames, Messieurs,

La vue des champs de bataille européens suscite en nous une tristesse profonde. Ce sentiment ne fait que renforcer la reconnaissance que nous éprouvons en constatant que la France et l'Allemagne n'ont jamais été aussi proches l'une de l'autre qu'aujourd'hui. La folie nationaliste s'est transformée en un partenariat européen.

Je vous lance un appel pour qu'ensemble, nous mettions à profit cette journée de commémoration pour faire progresser notre œuvre de paix. Nous voulons réaliser une Europe unie et libérale, qui assume pleinement sa responsabilité pour la paix et la justice sur notre continent et dans le monde entier. Tel est notre espoir.

L'amitié franco-allemande est née elle aussi sous le signe de l'espoir. Aujourd'hui, elle est caractérisée par la confiance et la fiabilité. Ce qui semblait impossible le 6 juin 1944 s'est réalisé parce que les hommes et les femmes de nos pays l'ont voulu ainsi.

Je voudrais citer l'exemple du soldat allemand Hans Flindt, originaire de Usedom. Il a combattu en Normandie où il a été fait prisonnier. Après sa libération, il a épousé une Française et il est resté en France. Cet homme âgé de 78 ans aujourd'hui évoque le 6 juin 1944 en disant: "Pour nous tous, ce fut le début d'une vie nouvelle, d'une vie plus heureuse."

Ceux qui n'ont pas eu la chance de connaître cette vie plus heureuse, il y a soixante ans, méritent que nous entretenions leur souvenir, dans un sentiment de profond respect.

Ils ne sont pas morts en vain car nous vivons aujourd'hui dans la liberté et la paix et nous leur en sommes reconnaissants.

Nous promettons que nous n'oublierons jamais les victimes!




Alliés d'hier et l'Allemagne, unis sur les plages de Normandie
LEMONDE.FR | 06.06.04 | 18h30  .  MIS A JOUR LE 07.06.04 | 09h16
Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a déclaré devant le Mémorial de la paix de Caen que la mort des soldats alliés "n'était pas vaine" car elle avait permis "liberté et paix". "Nous, en Allemagne, savons qui a provoqué la guerre. Nous connaissons notre responsabilité historique", a poursuivi le chancelier.
Confrontés à leurs propres divergences dans un contexte international tendu, anciens alliés et ennemis de la seconde guerre mondiale ont célébré dans la gravité, dimanche 6 juin en Normandie, le 60e anniversaire du Débarquement. "Face aux dangers du temps et du monde, ce monde où la violence et la haine enflamment trop souvent les hommes et les peuples, le message des héros de ce 'Jour le plus long', le flambeau que nos pères ont porté si haut et qu'ils nous ont transmis ! sont notre héritage commun", a déclaré le président français, Jacques Chirac.

La journée a été marquée par la présence du chancelier allemand, Gerhard Schröder. Lors des célébrations du cinquantième anniversaire en 1994, l'exclusion du chancelier de l'Allemagne réunifiée, Helmut Kohl, avait blessé le pays. Premier dirigeant allemand à participer aux commémorations du Débarquement, M Schröder a déclaré devant le Mémorial de la paix de Caen que la mort des soldats alliés "n'était pas vaine" car elle avait permis "liberté et paix".
"Nous, en Allemagne, savons qui a provoqué la guerre. Nous connaissons notre responsabilité historique", a poursuivi le chancelier, ajoutant : "Les citoyens européens et leurs hommes politiques ont le devoir de ne donner aucune chance ici et ailleurs à la guerre, aux crimes de guerre et au terrorisme."
UNE "LIBÉRATION" POUR L'ALLEMAGNE
Qualifié de "frère" par M. Chirac "en ce jour du souvenir et de l'espérance", acclamé par des centaines d'habitants et accompagné d'une petite délégation comptant deux résistants allemands ayant participé à l'attentat manqué contre Adolf Hitler le 20 juillet 1944, M. Schröder s'est également recueilli sur la tombe anonyme d'un soldat allemand à Ranville, dans un cimetière où reposent plus de 2 000 soldats du Commonwealth et d'Allemagne. Seul et en silence, il a rendu hommage à l'ensemble des soldats tombés, devant une grande croix. L'Allemagne avait déposé deux grandes couronnes portant les couleurs du drapeau allemand.
Le chancelier n'a cessé, ces derniers mois, de marteler que le Débarquement était pour l'Allemagne d'aujourd'hui synonyme de "libération", et non plus d'"invasion". Rappelant le souvenir pénible des douze années de dictature hitlérienne, M. Schröder a parlé de lui-même : "Ma génération a grandi dans son ombre : il n'y a que quatre ans que ma famille a retrouvé la tombe de mon père, un soldat tombé en Roumanie (en 1944). Je n'ai pas eu le droit de connaître mon père", a-t-il dit.
En Allemagne, où une écrasante majorité approuve sa participation, le chancelier est accusé par certains politiciens et intellectuels de trop négliger les morts allemands. Par exemple, en évitant le plus grand cimetière militaire allemand de la région, à La Cambe, où reposent plus de 20 000 soldats allemands, dont des Waffen-SS.
LA FRANCE "N'OUBLIERA JAMAIS CE QU'ELLE DOIT À L'AMÉRIQUE"
Au cours des cérémonies, devant la plage d'Arromanches, Jacques Chirac a appelé à "rester fidèles" aux "valeurs humanistes" pour lesquelles ces jeunes hommes "ont donné leur vie" le Jour J.
Quelque 6 000 personnes ont assisté à la cérémonie en présence des dirigeants de quinze autres pays, dont les présidents américain, George W. Bush, et russe, Vladimir Poutine, également premier dirigeant russe invité.
Provoquant les larmes d'anciens combattants, une chorale a interprété le Chant des partisans, avant qu'un hommage visuel et chanté aux combattants de la Libération ne clôture la cérémonie, placée sous haute surveillance. Toute la zone était interdite à la circulation, et le public a été tenu à l'écart des commémorations officielles, contrairement à la veille.
Dans la matinée, au cimetière américain de Colleville, où reposent 9 386 soldats américains, M. Chirac, d'un ton empreint de gravité, avait déjà rappelé avec force le sacrifice des soldats tombés pour la libération de la France et de l'Europe.
La France "n'oubliera jamais ce qu'elle doit à l'Amérique, son amie de toujours, à tous ses alliés grâce auxquels l'Europe enfin réunifiée vit dans la paix, la liberté et la démocratie", a-t-il déclaré devant son homologue américain.
Les drapeaux étaient en berne à la mémoire de l'ancien président Ronald Reagan, décédé samedi.
M. Bush a souligné que "la France a été la première amie des Etats-Unis dans le monde", en allusion au soutien français aux Américains lors de la guerre d'indépendance contre les Anglais à la fin du XVIIIe siècle.
Evoquant l'alliance transatlantique, M. Bush a noté : "Nous nous sommes tenus côte à côte pour la cause de la liberté dans toute l'Europe." "Cette alliance est toujours nécessaire aujourd'hui", a-t-il ajouté, sans mentionner le différend franco-américain sur l'Irak.
SPECTACLE
Plus de 8 000 personnes, dont 800 anciens combattants, assistaient à la manifestation, ouverte par un concert de douze musiques militaires de dix nationalités différentes. Cent quarante-deux vétérans représentant les quatorze pays ayant participé au Débarquement ont ensuite défilé, avant que quatorze d'entre eux, un par nation, reçoive la Légion d'honneur des mains du chef de l'Etat français.
Que ce soit à Colleville, sur la plage de Juno, site du débarquement canadien, ou encore à Bayeux, les vétérans du 6 juin 1944 ont été largement associés aux commémorations.
Tout au long de ce week-end, les véritables vedettes aux yeux du million de visiteurs présents sur les côtes ont été les anciens combattants. Choyés, honorés, applaudis avec ferveur, ces octogénaires, signant force autographes, ont raconté mille fois leur aventure à un auditoire jamais rassasié et conscient que ce 60e anniversaire était pour certains vétérans le dernier pèlerinage sur les lieux de leurs actes de bravoure et de leur souffrance.
A Juno Beach, la gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, a souligné : "Vous, qui êtes ici, vous êtes les témoins vivants d'une horreur sur laquelle nous voulons tirer un trait." A l'issue de la cérémonie, quelques vétérans pleuraient. D'autres ont ramassé du sable sur la plage pour le rapporter chez eux.
A Bayeux, le premier ministre britannique, Tony Blair, a salué chaleureusement les vétérans britanniques. "Au nom de ma génération, merci", a dit Tony Blair, 51 ans, à Gordon Church, 96 ans, ancien de la Royal Artillery qui débarqua à Gold Beach.
La cérémonie, retransmise sur écrans géants, s'est terminée par un spectacle relatant le Jour J sous forme de musiques, films et témoignages de survivants des combats, dans une scénographie ayant notamment pour objet, selon ses concepteurs, de sensibiliser les jeunes générations au sens de l'engagement. En conclusion, plusieurs chaînes humaines ont formé sur les plages du Débarquement les mots "Merci", "Liberté" et "Normandie".
Près de 60 000 soldats alliés ont été tués en Normandie durant le printemps et l'été 1944. 75 000 soldats allemands y sont enterrés et 20 000 civils ont péri.
Avec AFP et Reuters




MANFRED ROMMEL ÜBER DEN D-DAY


"Wie Waterloo - nur im Weltformat"

Manfred Rommel, 75, ehemaliger Stuttgarter Oberbügermeister und Sohn von Generalfeldmarschall Erwin Rommel, erinnert sich an den D-Day. Im Interview mit SPIEGEL ONLINE beschreibt er die Rolle seines Vaters und beurteilt die Teilnahme von Bundeskanzler Schröder an den Feiern zum 60. Jahrestag am Wochenende.

Manfred Rommel, CDU, war lange Jahre Oberbürgermeister von Stuttgart: "Wenn die Alliierten nicht gelandet wären, hätten irgendwann die Russen Deutschland niedergewalzt"
DPA
Manfred Rommel, CDU, war lange Jahre Oberbürgermeister von Stuttgart: "Wenn die Alliierten nicht gelandet wären, hätten irgendwann die Russen Deutschland niedergewalzt"
SPIEGEL ONLINE: Herr Rommel, am 6. Juni 1944, dem Tag der Invasion, waren Sie 15 Jahre alt und wohnten in Herrlingen bei Ulm. Ihr Vater war gerade auf Heimaturlaub. Welche Erinnerungen haben Sie an diesen Tag?

Manfred Rommel: Ich erinnere mich, dass mein Vater am Morgen von seinem Stabschef angerufen wurde. General Speidel habe mitgeteilt, die Anlandung sei möglicherweise erfolgt, die Lage sei unübersichtlich, in einer Stunde sehe man klarer. Mein Vater rief dann gegen 9 oder 10 Uhr an, und es stellte sich heraus: Die Landung ist erfolgt.

SPIEGEL ONLINE: Wie hat Ihr Vater reagiert?

Rommel: Er stieg sofort ins Auto und fuhr nach Frankreich ins Hauptquartier, wo er am Nachmittag eintraf. Ursprünglich hatte er ja beabsichtigt, bei Hitler vorzusprechen wegen der Aufstellung der deutschen Truppen in Frankreich, die meinem Vater nicht genügte.

SPIEGEL ONLINE: Hat Ihr Vater nach Hause berichtet, wie die Schlacht stand?

Rommel: Darüber erfuhren wir erst später. Als mein Vater eintraf, war das Wesentliche bereits gelaufen. Rund 120 Kilometer südlich der Front standen zwei Panzerdivisionen. Die wurden erst am Nachmittag des 6. Juni in Marsch gesetzt, als es längst zu spät war.

SPIEGEL ONLINE: Hätten die Deutschen mit diesen Divisionen den alliierten Angriff abwehren können?

Rommel: Schwer zu sagen. Klar war, dass die Infanterie in den verminten Stellungen am Strand nicht in der Lage war, die Invasion abzuwehren. Man war also schon auf ein frühzeitiges Eintreffen der Panzerverbände angewiesen. In den deutschen Stäben gab es bereits vor der Landung eine große Diskussion über die Abwehrstrategie. Die Russland-Generäle waren der Auffassung, man müsse die Alliierten nach Frankreich hineinlassen, um sie dann in einer großen Panzerschlacht hinauszuwerfen. Mein Vater sagte, die alliierte Luftwaffe sei derart überlegen, dass sie jeden Versuch dieser Art zerschlagen werde. So kam es dann auch.

SPIEGEL ONLINE: Heute ist man froh, dass die Invasion erfolgreich war, weil die Alliierten Deutschland und Europa vom Nationalsozialismus befreit haben.

Rommel: Das ist nicht ganz falsch. Wenn die Alliierten nicht gelandet wären, hätten irgendwann die Russen Deutschland niedergewalzt. Nur: Damals hat man nicht gewusst, dass die deutsche Armee gegen ihre eigenen Interessen kämpfte. Die Deutschen fürchteten zu dem Zeitpunkt die bedingungslose Kapitulation, sie fürchteten, dass das ganze Volk für die Befehle Adolf Hitlers zur Rechenschaft gezogen werde. Viele wünschten sich einen Frieden mit Bedingungen. Etliche Militärs versprachen sich von einem Sieg über die Alliierten in der Normandie, dass man Truppen hätte nach Osten verlegen können, um die vorrückenden Russen aufzuhalten.

SPIEGEL ONLINE: Stattdessen kam die totale Niederlage.

Rommel: Wenn man 1944 gewusst hätte, dass es bereits im Jahr 1946 deutsche demokratische Regierungen im Westteil des Landes geben würde, dass US-Außenminister Byrnes hier in Stuttgart die "speech of hope" (die Rede der Hoffnung) halten würde und die Deutschen wieder in die Gemeinschaft der Völker zurückkehren würden, dann wäre der Kampfgeist sicher nicht groß gewesen.

SPIEGEL ONLINE: Wie hat Ihr Vater den D-Day bewertet - als Befreiung oder als militärische Niederlage?

Rommel: Er hat ihn gar nicht bewertet, weil noch nicht klar war, was die Alliierten tun werden. Wenn er es von vornherein als Befreiung erlebt hätte, hätte er sich in Frankreich nicht so sehr angestrengt. Als aber klar war, dass die deutschen Truppen die Landung nicht zurückschlagen konnten, war er der Meinung, es müsse um jeden Preis der Krieg beendet werden, um unnötige Opfer zu vermeiden, die millionenfach gebracht wurden, als es Hitler gelang, den Krieg bis zum bitteren Ende weiterzuführen. Selbst im Jahr 1945 haben wir bei Crailsheim noch versucht mit einem Gegenangriff das Vaterland zu retten.

SPIEGEL ONLINE: Vier Monate nach dem D-Day erlebten sie in Herrlingen, wie Ihr Vater, der in Frankreich schwer verwundet worden war, von zwei Generälen abgeholt wurde...

"Wüstenfuchs" Erwin Rommel: Zur Legende wurde Rommel im Afrikafeldzug 1941/42. Noch vor der Niederlage des Afrikakorps im Frühjahr 1943 wurde er in die Heimat zurückbeordert. Im November desselben Jahres erhielt Rommel den Auftrag, die Verteidigungsmaßnahmen an der französischen Atlantikküste zu überwachen. Beim alliierten Vormarsch nach der Landung in der Normandie wird Rommel bei einem Tieffliegerangriff bei Caen schwer verwundet. 
Nach dem mißglückten Attentat vom 20. Juli auf Hitler wird der Generalfeldmarschall beschuldigt, von den Plänen gewußt zu haben. Vom Oberkommando der Wehrmacht unter Druck gesetzt, begeht Rommel im Oktober 1944 mit einer Giftkapsel Selbstmord, die ihm von zwei Offizieren übergeben worden war. Am selben Tag verabschiedet er sich in seinem Heimatort Herrlingen von seiner Ehefrau und seinem Sohn Manfred. Mit einem Staatsakt in Ulm wird Rommel am 18. Oktober 1944 beigesetzt - erst nach dem Ende des Krieges werden die wahren Umstände seines Todes bekannt.
AP
"Wüstenfuchs" Erwin Rommel: Zur Legende wurde Rommel im Afrikafeldzug 1941/42. Noch vor der Niederlage des Afrikakorps im Frühjahr 1943 wurde er in die Heimat zurückbeordert. Im November desselben Jahres erhielt Rommel den Auftrag, die Verteidigungsmaßnahmen an der französischen Atlantikküste zu überwachen. Beim alliierten Vormarsch nach der Landung in der Normandie wird Rommel bei einem Tieffliegerangriff bei Caen schwer verwundet. Nach dem mißglückten Attentat vom 20. Juli auf Hitler wird der Generalfeldmarschall beschuldigt, von den Plänen gewußt zu haben. Vom Oberkommando der Wehrmacht unter Druck gesetzt, begeht Rommel im Oktober 1944 mit einer Giftkapsel Selbstmord, die ihm von zwei Offizieren übergeben worden war. Am selben Tag verabschiedet er sich in seinem Heimatort Herrlingen von seiner Ehefrau und seinem Sohn Manfred. Mit einem Staatsakt in Ulm wird Rommel am 18. Oktober 1944 beigesetzt - erst nach dem Ende des Krieges werden die wahren Umstände seines Todes bekannt.
Rommel: ... sie teilten ihm mit, er sei überführt, vom Attentat gegen Hitler gewusst zu haben. Sie sagten ihm auch, wenn er das Gift, das sie dabei hatten, sich verabreichen ließe, würden die üblichen Maßnahmen gegen seine Familie und gegen seinen Stab nicht unternommen. Da mein Vater ohnehin der Überzeugung war, dass Hitler nicht so blöd war, ihn vor dem Volksgerichtshof zu präsentieren, sagte er sich, es wäre besser einzuwilligen. So hatte er wenigstens die Hoffnung, dass seine Familie und seine Mitarbeiter davonkämen. Auch wollte er vermeiden, wie die Verschwörer verhört zu werden, so dass die Befrager nicht auf weitere Beteiligte stießen.

SPIEGEL ONLINE: Als Ihr Vater abgeholt wurde, waren Sie selbst seit etwa zehn Monaten Flak-Helfer in Hitlers Armee. Was ging in Ihnen damals vor?

Rommel: Ich habe in meinem Leben Gott sei Dank glücklichere Tage erlebt als den.

SPIEGEL ONLINE: Sie sagten einmal, Sie hätten Ihren Vater gerne gefragt, wie das alles möglich war, wie dieser Krieg geführt werden konnte gegen die Interessen des deutschen Volkes. Haben Sie selbst eine Antwort?

Rommel: Die ist ziemlich klar. Es war die Wirkung der Propaganda und der Unfreiheit und der ständigen Gehirnwäsche. Es gab kein Recht auf freie Meinungsäußerung, dafür die Pflicht, das Maul zu halten und das zu tun, was einem befohlen war. Mein Vater zum Beispiel wurde permanent überwacht. In Bormanns Akten steht, dass er ein Pessimist und Defätist sei. Viele sahen auch keine Perspektive mehr und fürchteten sich nur noch vor der Rache der Sowjetunion, die aufgrund der deutschen Politik freilich ihre Gründe dafür hatte. Das muss man den Sowjets zubilligen.

SPIEGEL ONLINE: Das klingt so, als ob Ihr Vater ein dauernd überwachter Befehlsempfänger war. Er war schließlich auch einer der höchsten Befehlshaber der Wehrmacht.

Rommel: Das eine schließt das andere nicht aus.

SPIEGEL ONLINE: Sie waren Koordinator für die deutsch-französische Zusammenarbeit. Welche Motivation hatten Sie?

Rommel: Die deutsch-französische Freundschaft war mir stets ein Anliegen. Ich habe auch sehr gute Beziehungen nach Großbritannien. Das Angebot der Amerikaner, Engländer und Franzosen zur Versöhnung muss man als einen sehr großen Glücksfall betrachten. Das hat es in der Weltgeschichte nie zuvor gegeben, dass sich die Sieger in kurzer Zeit weniger auf ihren Sieg berufen haben, als versucht haben, mit dem Besiegten wieder in ein gutes Verhältnis zu kommen.

SPIEGEL ONLINE: In den Jahren 1984 und 1994 wollte der damalige Kanzler Helmut Kohl nicht an den Jahresfeiern in der Normandie teilnehmen - und Staatspräsident Francois Mitterrand war darüber erleichtert.

Rommel: Ich habe volles Verständnis dafür. Ein deutscher Regierungschef ist in einem Zwiespalt: Er begrüßt das Ende der Nazi-Diktatur, kann aber nicht jubeln und so tun, als ob er zu den Siegern gehört und gleichzeitig Zehntausende deutsche Gefallene vergessen.

SPIEGEL ONLINE: Kanzler Gerhard Schröder hat eine Einladung Jacques Chiracs für dieses Jahr gerne angenommen.

Rommel: Ich halte es für richtig, dass Schröder hingeht. Er ist von den Alliierten eingeladen worden und tut gut daran, die Geste der Versöhnung anzunehmen.

SPIEGEL ONLINE: Amerikanische und britische Veteranenverbände haben seine Teilnahme jedoch scharf kritisiert.

Rommel: Wegen der erfolgreichen Landung in der Normandie leben wir in einer freien Welt. Folglich müssen wir uns damit abfinden, dass unser Verhalten kritisiert wird. Ich war übrigens von amerikanischen Veteranenverbänden eingeladen, kann aber aus gesundheitlichen Gründen nicht teilnehmen. Ich bin überzeugt, dass die Mehrheit der Amerikaner die Einladung Schröders begrüßt.

SPIEGEL ONLINE: Obwohl der Kanzler den von den USA angeführten Krieg im Irak nicht unterstützt?

Rommel: Umso mehr muss Schröder jede Gelegenheit wahrnehmen, die alte Solidarität zwischen den USA, Großbritannien, Frankreich und Deutschland wieder herzustellen. Es gibt einiges zu reparieren. Das ständige Naserümpfen über die Amerikaner sollte einer etwas differenzierteren Betrachtung weichen.

SPIEGEL ONLINE: Die Amerikaner haben sich im Irak nicht mit Ruhm bekleckert.

Rommel: Die Foltergeschichten sind fürchterlich, aber man kann sich hundertprozentig darauf verlassen, dass die amerikanische Demokratie diese Fälle aufklärt und in Ordnung bringt.

SPIEGEL ONLINE: Am Wochenende wird es entlang der Landungsstrände Sword, Juno, Gold, Omaha und Utah, sowie in Caen und Bayeux insgesamt 17 offizielle Feiern geben. Eine Million Besucher und 17 Staats- und Regierungschefs werden erwartet. Ist dieses Ausmaß dem Ereignis angemessen?

Rommel: Ja, denn es ist ein Weltereignis gewesen. Wie Waterloo. Nur im Weltformat.

Das Interview führte Alexander Schwabe




D DAY
Revue de presse : Le 60ème anniversaire du débarquement allié

Les commentaires de la presse française lundi 7 juin, sur 60e anniversaire du Débarquement.

LE FIGARO / Pierre Rousselin
"Avec toute l'émotion et la solennité attendues, les célébrations du soixantième anniversaire du Débarquement ont montré combien le passé reste ancré dans notre actualité immédiate. Si l'événement a eu un tel retentissement, c'est bien parce qu'il fallait, sans tarder, rendre le plus bel hommage à cette génération de combattants qui a rendu possible le monde de liberté que nous connaissons aujourd'hui. Entre ceux qui ont affranchi nos pays du nazisme et les nouvelles générations, le passage du témoin est en passe de s'achever. En Europe, il aura fallu soixante ans pour tourner définitivement la page, et parfaire, avec l'élargissement du 1er mai dernier, la réunification du Vieux Continent. La présence, hier, du chancelier allemand aux cérémonies d'Arromanches célébrait cette unité retrouvée. Que les ennemis d'hier puissent être ainsi réconciliés est une leçon qui porte désormais l'espoir de l'Europe bien au-delà de ses frontières."

L'HUMANITE  / Jean-Emmanuel Ducoin
"Bien sûr, le nom de Bush ne pouvait passer comme une lettre à la poste. Si la présence du président américain (comme président américain et rien d'autre) était légitime pour honorer le rôle primordial des États-Unis dans la plus grande opération militaire de tous les temps, personne ne nous empêchera d'écrire que les décisions politiques et géopolitiques de George W. Bush sont à l'opposé des valeurs pour lesquelles de jeunes combattants se sont fait massacrer sur ces plages. (...) Pour la première fois, un chancelier allemand participait aux cérémonies du 6 juin. Combien de temps et de haines dites et non-dites pour en arriver là ? Combien d'hésitations pour ne pas brusquer la mémoire ? (...) Nous avons entendu le chant des Marais, le chant des Partisans. Et la présence du chancelier nous imposait une promesse : celle de l'universalité contre la guerre. Bush sait-il seulement ce que cela signifie ?"

LA CROIX / Bruno Frappat
"Face aux cérémonies de Normandie, comment, derrière l'aspect forcément figé des autorités du moment, ne pas avoir éprouvé une gratitude bouleversée en mémoire des morts et à la vision des rescapés ? Comment ne pas avoir admiré la modestie de ces +vétérans+ venus, sans doute une dernière fois, dire que les vrais héros étaient leurs camarades gisant sous des croix blanches ? Comment ne pas avoir frémi de reconnaissance pour tous les bâtisseurs de réconciliation en voyant le chancelier allemand sceller, par sa présence, le lent et génial labeur de la paix européenne ? (...) 1945, fin du nazisme, 1989, effondrement du soviétisme. Et demain ? Un système idéologique diffus, sans centre et sans Etat, trouble la paix terrestre. C'est le nouveau fanatisme, cet islamisme qui défigure l'islam et nie la liberté. Mais sur quelles plages faire débarquer, demain, ceux qui libéreront la terre du troisième totalitarisme?"

LA TRIBUNE / Pascal Aubert
"La France n'oublie pas" déclarait ce week-end le président Chirac lors des cérémonies sur les plages normandes. Peut-être. Mais les Français, eux, ont la mémoire qui défaille. (...) Les déchirements du passé s'estompant, les Français se montrent aujourd'hui un peu oublieux de ce qu'ils doivent à la construction européenne. Leur grande indifférence pour l'échéance européenne de dimanche prochain, mesurée sondage après sondage, est alarmante. Car elle pourrait passer pour de l'ingratitude. Ou pis, pour de l'orgueil considérant la paix et la prospérité comme des acquis irréversibles. Or, le fait qu'un peu partout chez nos voisins - y compris chez les "nouveaux Européens" de l'Est - l'édification de cette Europe ne suscite pas plus d'engouement spontané est peut-être le signe que les vieux égoïsmes nationaux, jadis vecteurs de tant de cataclysmes et de douleurs, ont la vie dure. Et que la vocation pacificatrice du dessein européen peut encore servir."

LIBERATION CHAMPAGNE / Jorge d'Hulst
"Cette accolade-là restera dans l'Histoire. Lors des grandes réunions internationales, il n'est pas rare que des chefs d'Etat s'étreignent. Mais cette accolade entre Jacques Chirac et Gerhard Schroeder, hier soir, devant le mémorial de Caen demeurera bien plus qu'un geste de confraternité. Par ce symbole, en ce soixantième anniversaire du jour J, sur cette terre de Normandie où des milliers de soldats sont morts pour libérer l'Europe du nazisme, la France et l'Allemagne ont tourné définitivement la page de la Seconde Guerre mondiale. (...) Le temps est venu du pardon. Mais il est, en revanche, une chose qu'il est impossible de faire: oublier. (...) Car ce qui est arrivé avec Hitler peut très bien se reproduire à nouveau. Sauf que la France et l'Allemagne semblent désormais, grâce à la construction européenne, à l'abri d'un nouveau désastre de ce genre."

LA CHARENTE LIBRE / Dominique Garraud
"En invitant pour la première fois le chancelier Gehrard Schröder en Normandie, Jacques Chirac n'a pas seulement créé l'événement à la manière de François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant par la main à Verdun. Il a aussi signifié à l'ami américain qu'aucun "avenir" ne pouvait s'incarner "dans la haine" et qu'un "chemin est toujours possible vers la paix" dès lors que les nations démocratiques unissent leurs efforts et oublient leurs ressentiments aussi lourds soient-ils. Et comment ne pas penser que lorsque Jacques Chirac a évoqué "le nouvel ordre international" né du 6 juin 1944, "un ordre fondé sur le respect des hommes et du droit, sur la liberté, la justice et la démocratie, un ordre dont la Charte des Nations unies demeure aujourd'hui encore le symbole et le garant", il dénonçait les erreurs commises dans l'aventure irakienne. Mais les certitudes américaines sur la légitimité de l'intervention en Irak semblent tellement solidement ancrées qu'il est loin d'être certain que le bon sens de Jacques Chirac et l'exemplarité de l'amitié franco-allemande également célébrée avec émotion par le discours de Gehrard Schröder, aient quelque écho à Washington."

LE REPUBLICAIN LORRAIN / Camille Ollivier
"(...) Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont participé ensemble aux cérémonies qu'ils ont prolongées devant le Mémorial de Caen. Là encore, ce ne devrait pas surprendre, quarante ans après la signature du traité de réconciliation franco-allemand. On se souvient, en particulier, de l'image très émouvante de François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main sur le champ de bataille de Verdun. Il n'empêche : il aura fallu attendre près de soixante ans pour que le chef du gouvernement du pays vaincu en 1945 soit convié aux cérémonies commémoratives du 6 juin, et qu'il puisse accepter sans choquer, ni chez lui, ni chez les alliés. Au delà des désaccords tenant à la défense des intérêts nationaux, tous les chefs d'Etat et de gouvernement qui étaient présents en Normandie partagent l'attachement à la démocratie et la volonté de coopérer ensemble. A une semaine d'un scrutin qui marquera une nouvelle étape dans l'élargissement de l'Union européenne, la leçon mérite d'être retenue : douloureusement acquise, la paix, désormais solidement enracinée, est le bien le plus précieux dont dispose aujourd'hui l'Europe."

L'EST REPUBLICAIN / Chantal Didier
"Il y a eu François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant par la main à Verdun. Voici Gerhard Schröder participant à l'anniversaire du Débarquement aux côtés de Jacques Chirac et des dirigeants des nations alliées contre l'Allemagne nazie. La symbolique de la réconciliation franco-allemande est complète : à Verdun, le geste visait à dépasser au moins trois guerres entre des pays ennemis ; en Normandie, il s'agissait de célébrer " la victoire de la paix et de la démocratie ", valeurs fondatrices de l'Europe actuelle. Personne ne veut oublier les horreurs nazies, l'Holocauste et le délire raciste. (...) "La victoire des alliés n'était pas une victoire sur l'Allemagne mais une victoire pour l'Allemagne", a-t-il affirmé. Ce sens des événements a été confirmé par les soixante années qui se sont écoulées depuis. La reconquête de la liberté en Europe a été consolidée par la construction européenne à laquelle l'Allemagne a pris toute sa part. Parce que des dirigeants politiques ont eu l'audace et le courage de travailler ensemble plutôt que de chercher une vaine revanche."

LES DERNIERES NOUVELLES D ALSACE
/ Olivier Picard
"Au fond, la participation d'un George Bush contesté, voire détesté par les Français, n'a pas été l'événement de ce week-end. (...) En revanche, la présence, pour la première fois, d'un chancelier allemand sur le théâtre du D-Day a définitivement refermé les très vieilles blessures d'un autre temps. Après la communion du général de Gaulle et d'Adenauer à Reims en 1962, après la complicité silencieuse de Mitterrand et Kohl, main dans la main à Verdun en 1984, l'invitation de Gerhard Schröder à Arromanches au même titre que les " libérateurs " a constitué l'ultime étape de la réconciliation de l'Europe avec elle-même. Elle vient tard. Incroyablement tard. Mais, en ce 6 juin 2004, elle vient au meilleur moment !

OUEST FRANCE / François-Régis Hutin
"O Terre de détresse !", a chanté la chorale de l'université de Caen, face à la mer, à Arromanches, par ce temps splendide, appel au bonheur et à l'espérance des grandes moissons.Terre de détresse, en effet, que ce rivage et cette Normandie bouleversée, ravagée par la haine, détruite par la mort. Mais, Terre enfin libérée après tant de souffrances. Cette souffrance qu'évoquait le lent défilé des vétérans rescapés de la grande épreuve, de cette apocalypse qui anéantit tant de jeunes vies fauchées, comme le dit, avec force, un résistant, Jacques Vico, tant de jeunes garçons en âge d'être encore au lycée, comme le rappela avec émotion Jacques Belin, directeur du Mémorial de Caen, dans son vibrant appel à la paix. Mais il fallait combattre pour cette liberté. Des deux côtés, il se trouva des hommes et des femmes héroïques pour tenter d'arrêter, au péril de leur vie, cet engrenage effroyable, qui entraînait un pays, et même le continent, dans le racisme, l'antisémitisme et l'idéologie totalitaire."

NICE MATIN / Marc Chevanche
"Les cérémonies du soixantenaire du débarquement auront bien eu cette fonction première de la commémoration qui est celle du souvenir. Mais elle est aussi marquée par un souci particulier de la vérité historique de l'événement lui-même. Ainsi, l'édition, la télévision, la presse auront-elles offert une connaissance détaillée et particulièrement scrupuleuse de ce moment militaire décisif de la seconde guerre mondiale. (...) Mais surtout, ce qui distingue ce soixantenaire des commémorations précédentes, c'est qu'il est, en même temps, une inauguration, l'inauguration d'un autre monde. Un autre monde que la présence du chancelier allemand évidemment symbolise, soldant ainsi les comptes d'une Allemagne qui a irréversiblement rompu avec son passé nazi. Un autre monde que la présence de Vladimir Poutine exprime également. Avec lui, c'est la guerre froide qui sort définitivement de nos perceptions géopolitiques contemporaines. Un autre monde, enfin, avec le relatif insuccès de la rhétorique du président américain George Bush."

LA PROVENCE / Gilles Dauxerre
"Hier, l'Europe a définitivement tourné la page de ses guerres fratricides. En accueillant Gerhard Schroeder sur les plages du Débarquement, Jacques Chirac a symboliquement concrétisé cette "véritable espérance" que constitue la réconciliation franco-allemande. Il aura fallu deux Guerres mondiales, l'effondrement de l'URSS, et un demi-siècle d'une patiente et opiniâtre construction de l'Union européenne pour qu'enfin ce continent vive en paix et en démocratie. La ferveur des commémorations de ce 6 juin, suivies par des millions de gens communiant dans le souvenir et le recueillement, est à la hauteur de cette espérance évoquée par le Président de la République. Elle en souligne aussi la fragilité qui appelle à la vigilance les peuples épris de liberté. (...)

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
/ Jean-Claude Arbona
"Il est réconfortant de rappeler au monde, en particulier aux jeunes générations, qu'à côté de la barbarie et de l'horreur, l'humanité est capable de sursauts de grandeur, d'héroïsme, de dignité. La France a porté un témoignage planétaire de cette vaillance encourageante de nos sociétés civilisées, à l'occasion du soixantième anniversaire du débarquement allié qui libéra l'Europe du joug nazi. Ne nous méprenons pas : historiquement le souvenir est grandiose et émouvant, mais humainement il reste cruel. Il est d'abord et avant tout le rappel de toutes les victimes sacrifiées dans la gigantesque opération militaire ! Y compris la mort programmée de milliers d'habitants sous les bombes alliées dans certains villages normands.

LA DEPECHE DU MIDI / Jean-Christophe Giesbert
"Bel hommage, vraiment, que celui rendu hier par les dix-sept dirigeants des nations engagées dans le conflit. (...) Mais à l'heure de l'introspection, à laquelle il n'est pas inconvenant de se livrer dans ces circonstances, on sera plus mesuré sur la portée réelle de l'événement commémoré hier sur les plages de la Manche. Qu'ont fait les grands de ce monde pour entretenir cet élan qui vit 21 nations unir leurs efforts, au prix de terribles sacrifices, pour libérer l'Europe de la tyrannie ? Pas grand-chose en réalité. Certes, hormis quelques conflits locaux, ils sont parvenus à éviter la déflagration USA-URSS promise dans les années cinquante.

LA PRESSE DE LA MANCHE / Jean Levallois
"Plus que le souvenir, plus que le courage de nos libérateurs, dont beaucoup sont morts sur ces plages et ces terres de Normandie, si tragiques et meutrières alors, si accueillantes et sereines aujourd'hui, le 6 juin est tout simplement le début de l'Europe, la date fondatrice par ces conséquences, d'un sursaut unique, inconnu jusqu'alors du continent européen, pour mettre un terme à ses désastreuses guerres civiles. Hier à Colleville, à Arromanches, et au Mémorial de Caen, on a tout simplement pris un nouveau départ pour mener le seul combat qui vaille pour l'homme, celui de la paix."

L'UNION / Christophe Tézier
"Sourires, poignées de main, familiarités. Il aura fallu ce rendez-vous de l'Histoire qu'a été la commémoration du 6 juin 44 pour que Bush et Chirac renouent. (...) Mais si ces convergences historiques et diplomatiques sont venues relancer des relations sérieusement ébranlées depuis 2003, les querelles du passé ne sont cependant pas apaisées. Chef de file des " anti-guerre ", Chirac a sans détour regretté le désordre qui règne aujourd'hui en Irak. Il n'a pas hésité non plus à contester le parallèle établi par Bush entre la libération de l'Europe en 1944 et le conflit irakien. Rappelant ainsi les limites de la portée d'une commémoration symbolique."



D-DAY Revue de presse britannique
NOUVELOBS.COM | 07.06.04 | 11:07
La presse britannique se demandait lundi 7 juin, en rendant compte des cérémonies du 60e anniversaire du débarquement, si les générations actuelles, habituées à des vies confortables et à des guerres sans victimes, seraient prêtes au même sacrifice que les vétérans du Jour J.

"La question reste posée de savoir si la génération actuelle, qui tient pour acquise la paix en Europe et s'attend à des guerres sans pertes humaines, pourrait jamais être de nouveau motivée comme l'ont été les soldats de la seconde guerre mondiale", écrit le Guardian (gauche) dans un éditorial intitulé "des leçons encore à tirer".
Le quotidien rappelle que 4.500 soldats sont morts le premier jour du débarquement et que l'URSS, dont la résistance sur le front de l'Est a été capitale pour affaiblir l'armée allemande, a sacrifié 20 millions des siens.
Rappelant que 200.000 soldats ont été tués dans les semaines suivant le débarquement, le quotidien populaire The Sun se demande si "nous aurions le courage et la discipline de mettre en péril nos vies confortables pour une juste cause ?".
Comparant la lutte d'aujourd'hui contre le terrorisme au combat d'hier contre le nazisme, le journal, propriété du magnat australo-américain Rupert Murdoch, poursuit: "Nous avons besoin des Etats-Unis aujourd'hui autant que le 6 juin 1944".
"Des responsables de haut rang de l'armée ou du renseignement craignent que des fanatiques islamistes ne parviennent à renverser la famille royale saoudienne. Cela donnerait à Ben Laden le contrôle d'un tiers du pétrole mondial et de deux des plus importants lieux saints musulmans, la Mecque et Médine", écrit l'éditorialiste du Sun.
"Al-Qaïda pourrait paralyser l'économie mondiale et fomenter des coups d'Etat dans le monde musulman, comme au Pakistan qui a la bombe nucléaire", affirme-t-il.
"Dans ces circonstances, chercheriez-vous de l'aide du côté de l'Amérique ou de l'Union européenne ? L'Union européenne a été incapable (de réagir) face à tout défi militaire.
C'est, et espérons-le, ce sera toujours vers l'Amérique que l'on pourra se tourner la prochaine fois qu'un tyran menace la paix mondiale', conclut le journal le plus lu en Grande-Bretagne.
Le Guardian appelle dans son éditorial les Britanniques à tourner la page de la seconde Guerre mondiale.
"De tous les peuples d'Europe, les Britanniques ont été les plus lents à tourner la page des événements de 1939-45. Notre réticence à mettre la guerre derrière nous est légendaire, et ce n'est pas seulement vrai des supporters de football", analyse le quotidien.
En acceptant l'invitation du président français Jacques Chirac à participer aux célébrations du jour J, le chancelier allemand Gerhard Schroeder a "tracé une ligne symbolique de grande importance".
"Il est maintenant temps pour tout le peuple britannique de tourner le dos au passé, sans pour autant oublier", conclut le Guardian (gauche).
 

D DAY Revue de presse allemande
NOUVELOBS.COM | 07.06.04 | 11:06

La presse allemande souligne unanimement lundi 7 juin la dimension historique de la participation du chancelier Gerhard Schroeder aux cérémonies du 60ème anniversaire du Jour J en Normandie.

L'image s'inscrit dans la série de celles du chancelier Willy Brandt agenouillé à Varsovie, d'Helmut Kohl et François Mitterrand main dans la main à Verdun, relève le Frankfurter Allgemeine Zeitung (conservateur). 
En proclamant la "fin définitive de l'après-guerre", Gerhard Schroeder a prononcé un "grand mot, et il est étonnant qu'il n'ait fait trembler personne (...) : jusqu'ici, en Allemagne, prévalait l'idée que l'Histoire n'est jamais passée", souligne le journal.
Mais, aussi bien l'importance que le chancelier a accordé à cette invitation, que le fait qu'il ait évité le cimetière militaire allemand de La Cambe où reposent aussi des Waffen SS montrent que "les cicatrices de la guerre font toujours mal", poursuit le journal.

En disant du Jour J qu'il a été une victoire pour l'Allemagne, Gerhard Schroeder veut dire qu'"un patriote allemand du 21ème siècle doit remercier les Alliés d'avoir libéré l'Allemagne des Nazis. Un point de vue qui n'amoindrit ni la culpabilité allemande ni les souffrances du pays pendant la Guerre. Ce n'est pas l'Allemagne qui a gagné au Jour J, mais les Alliés pour l'Allemagne", souligne le Tagesspiegel (centre gauche).
Mais "le soixantième anniversaire a également donné le signal d'une réconciliation européenne et transatlantique", après les divisions apparues à la faveur du conflit irakien : "l'Occident s'est retrouvé" et a redécouvert ses valeurs communes, estime le journal.

Ce n'est pas l'avis de Die Welt (conservateur), qui relève que si Gerhard Schroeder a placé "la France au coeur de son discours", "il y manquait quelque chose de décisif : le mot Amérique. Sont-ce les Français qui ont libéré l'Europe de Hitler ? Jacques Chirac, en homme d'Etat, a trouvé des mots adéquats pour les USA. Pas le chancelier de l'après-après-guerre".

De telles cérémonies sont souvent remplies de symboles peu utiles pour la vie quotidienne, remarque le Berliner Zeitung (centre gauche). Néanmoins, "la réconciliation franco-allemande, dont il a été beaucoup question dimanche, est plus qu'un mot. Elle est un chemin long et compliqué et une performance historique des deux peuples", se félicite le journal.



Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont retrouvés devant le Mémorial de la paix
France-Allemagne, l'émotion


Caen : de l'un de nos envoyés spéciaux Marie-Estelle Pech
[07 juin 2004]

Jacques Chirac et Gerhard Schröder tombant chaleureusement dans les bras l'un de l'autre en Normandie, sur les lieux mêmes de la défaite du IIIe Reich, pour commémorer le jour J. L'image est inédite. Mais dix ans après la polémique provoquée par l'absence du chancelier Helmut Kohl lors des cérémonies du cinquantième anniversaire du Débarquement, l'heure était, hier, à la réconciliation. Et la dernière cérémonie de la journée, la commémoration franco-allemande, s'est révélée être l'un des moments les plus intenses.
En début de soirée, avec plus d'une heure de retard, le président français et le chancelier allemand Gerhard Schröder s'étaient donnés rendez-vous devant le mémorial de la paix de Caen. Ce lieu neutre a été préféré aux cimetières et autres monuments aux morts, d'autant plus que cet immense bâtiment cubique et blanc, Musée d'histoire sur le conflit de la Seconde Guerre mondiale qui sert à former les jeunes lycéens, s'est aussi affirmé comme un observatoire de la paix.

Accueillis par la brigade franco-allemande qui a «fait les honneurs» aux drapeaux français et allemand, les deux hommes se sont lentement avancés vers les soldats, sous les applaudissements de la foule. Ils ont ensuite écouté les hymnes nationaux français et allemand et fait quelques pas devant Jean-Pierre Raffarin et le ministre des Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera. Après avoir pénétré, seuls, à l'intérieur du bâtiment, les deux dirigeants ont dévoilé une inscription commémorative gravée dans le mur, puis sont ressortis pour prononcer un discours de quelques minutes. «En ce jour du souvenir et de l'espérance, les Françaises et les Français vous reçoivent plus que jamais en ami. Ils vous reçoivent en frère», a déclaré Jacques Chirac à Gerhard Schröder, lui faisant part de sa «très grande émotion».

Le président Français a prononcé un discours à la tonalité européenne, tourné vers l'avenir. «L'idée européenne, les projets qui l'incarnent, sont en réalité nés ici même. Avec le sentiment (...) que nous devions à nos morts de donner un sens à leur sacrifice, en nous engageant résolument dans la seule voie qui assurerait la paix en Europe : celle de la réconciliation entre nos deux pays. (...) Ce fut le ressort profond du mouvement d'unification européenne», a rappelé Jacques Chirac.

Dans son discours très émouvant, Gerhard Schröder a tenu a affirmer la responsabilité historique de l'Allemagne : «Nous, Allemands, savons qui sont les auteurs criminels de la guerre. Nous sommes conscients de notre responsabilité face à l'histoire et nous l'assumons», a assuré le chancelier avant d'évoquer la mémoire du village martyr d'Oradour-sur-Glane, victime de la brutalité des troupes SS. Présentant le débarquement comme une étape de la libération de l'Allemagne du joug nazi, le chancelier a insisté sur le fait que «les objectifs démocratiques auxquels nous aspirons sont la justice, la liberté, et une vie digne pour tous (...). Préserver ces objectifs a été et reste la mission que nous dicte le 6 juin 1944.»

Après avoir évoqué «l'histoire horrible de la dictature hitlérienne», le chancelier allemand a rappelé que sa génération avait grandi dans son ombre, lui qui n'a jamais connu son père, un soldat mort en Roumanie dont le corps n'a été retrouvé et identifié qu'il y a quatre ans.

Lui-même ne représente toutefois pas «l'ancienne» Allemagne des années sombres, a-t-il affirmé, mais celle qui a retrouvé sa place «parmi les peuples civilisés». «La vue des champs de bataille européens suscite en nous une tristesse profonde. Ce sentiment ne fait que renforcer la reconnaissance que nous éprouvons en constatant que la France et l'Allemagne n'ont jamais été aussi proches l'une de l'autre qu'aujourd'hui. La folie nationaliste s'est transformée en partenariat européen», s'est enthousiasmé le chancelier.

La cérémonie s'est achevée avec L'Hymne à la joie de Beethoven, qui est aussi l'hymne européen, chanté par une chorale franco-allemande, avant que les deux hommes ne prennent un bain de foule au milieu de plusieurs dizaines de collégiens et lycéens allemands et français qui avaient eux-mêmes longuement discuté avec des vétérans du Débarquement dans l'après-midi.

Quatorze ans après la réunification allemande, les Français et les Allemands préparent désormais un livre d'histoire commun pour leurs lycéens. Un ultime symbole d'union pour ces deux pays qui ont réussi à surmonter les blessures de la Seconde Guerre mondiale et l'ordre mondial qui en découla.



Vétérans, touristes, soldats de pacotille sillonnent la Normandie
LE MONDE | 05.06.04 | 13h49
A la veille des commémorations, des dizaines de milliers de personnes avaient afflué dans la région. Au Mémorial de Caen, qui accueillera dimanche la cérémonie franco-allemande, certains s'agacent de cette kermesse géante
Certains n'en finissent plus de raconter leurs aventures à des lycéens qui en redemandent.
Basse-Normandie de notre envoyé spécial

A la veille de la commémoration du Jour J, la Basse-Normandie a remis son costume de saison. Sous une météo capricieuse, les vétérans ont renfilé leurs trench-coat sur leurs blazers couverts de décorations et de pin's et il ne reste plus que leurs bérets noirs, rouges ou verts pour les distinguer parmi la foule de plus en plus dense des visiteurs.  Dans les villes, de Caen à Bayeux, et dans les villages, ceux du D-Day sont nombreux. Certains n'en finissent plus de raconter leurs aventures à des tablées de "bleus", entre la poire et le livarot des restaurants bondés ou à des groupes de lycéens qui, parfois, en redemandent.

Les belles histoires se concluent généralement par quelques réflexions humanistes qui pourraient se résumer d'une formule : "La guerre est une horreur, plus jamais ça." Dans les galeries du Mémorial de Caen, Frank, 90 ans, un ancien parachutiste qui a sauté en 1944 sur Sainte-Mère-Eglise, répète inlassablement qu'il a "connu la sale trouille et perdu ses meilleurs copains". Son petit fils, Edward, le tire par la manche et il s'attarde auprès d'adolescents, élèves d'un établissement de banlieue.

C'est au Mémorial, lieu de mémoire et de recueillement, que Jacques Chirac et Gerhard Schröder devraient, dimanche à 18 h 30, célébrer une nouvelle page de la réconciliation franco-allemande - la plaque commémorative est déjà gravée sur un mur, à droite de l'entrée -, c'est bien ce qui s'impose en cette veille de célébration un peu tapageuse où l'on rêverait, avec Aragon, "de palmes et de feuillages au front" plutôt que de fanfares et de fastes protocolaires.

STATUE DE LA PAIX

En s'immergeant dans ce vaste musée, ouvert en 1988 pour raconter la seconde guerre mondiale mais qui, depuis 2002 et son extension, évoque aussi la guerre froide, la chute du mur et l'interminable marche vers la paix, on peut enfin réaliser la profondeur et la diversité des tragédies humaines, simplement humaines. A travers les "Paroles du Jour J", on peut ainsi suivre, par les lettres et les écrits de dix soldats américains, anglais, canadiens, français mais aussi allemands, la vie quotidienne des soldats. Trois seulement ont survécu.

Parmi les autres images intenses du Mémorial, les plus poignantes sont sans doute ces photos géantes d'une jeune fille de 17 ans, Masha Ruskina, membre des partisans soviétiques, que l'on voit tirée par ses bourreaux SS jusqu'au gibet. Cela se passait à Minsk, le 26 octobre 1941, mais Masha avec ses longs cheveux blonds et son pull-over d'adolescente est la figure universelle de la résistance martyrisée. Et elle rappelle combien la victoire sur le nazisme ne peut se résumer au débarquement de Normandie.

C'est la réflexion que se font de nombreux visiteurs du Mémorial un peu agacés par le matraquage marketing dont le Jour J fait, selon eux, l'objet depuis plusieurs semaines. Car au dehors, le souvenir a tendance à se diluer dans les flonflons, les pavoisements, la fièvre touristico-mercantile, le balisage et l'organisation millimétrés de manifestations qui ne devraient rien laisser au hasard.

A Courseulles, vendredi matin, la population s'est massée sur les trottoirs pour assister au défilé des militaires canadiens au bel uniforme, dans la même apparente insouciance que s'il s'agissait de voir passer le Tour de France. A Grandcamp-Maisy, on inaugure une gigantesque Statue de la paix due à un sculpteur chinois. Dans plusieurs autres communes, les enfants des écoles participent au fleurissement des monuments ou aux premières cérémonies locales.

L'OMBRE DE LA MENACE

La sécurité reste la principale et palpable préoccupation des autorités même si l'exceptionnel dispositif de forces de l'ordre françaises est, pour l'heure, presque moins voyant que celui des militaires britanniques ou américains à Arromanches ou à Colleville. Non dite, l'ombre de la menace terroriste plane dans bien des esprits.

Parmi les simples citoyens, certains se réjouissent d'apprendre que la circulation ne sera pas restreinte à Caen ce week-end, tandis que les riverains des grandes manifestations de dimanche se préoccupent de récupérer auprès de leur mairie des badges qui leur permettront de circuler dans les zones régulées.

A chacun ses soucis ; celui des journalistes venus du monde entier, y compris d'Allemagne et du Japon, pour couvrir l'événement - on parle de plus de 3 500 demandes d'accréditation - est de se procurer des badges et des "surbadges" pour approcher des sites "sensibles". Déjà pris d'assaut par des cohortes de reporters, le centre de congrès de Caen, qui sera le QG des médias, est complet.

Les plus voyants dans ce paysage d'avant la commémoration restent, encore et toujours, les milliers de nostalgiques d'une guerre qu'ils n'ont pas faite, et qui attifés en soldats de pacotille, ne se contentent pas d'encombrer les routes avec leurs jeeps, leurs camions voire leurs engins amphibies, mais ont installé d'immenses camps de toile sur des hectares de prairie transformés en champs de douteuses manœuvres.

"Tout ce qui était vert est devenu kaki", observe avec philosophie le maire d'Arromanches, tandis qu'un habitant de Vierville s'emporte : "Je ne comprends pas qu'on tolère ces exhibitionnistes ! Se prendre pour John Wayne et mimer la guerre, c'est immature et obscène !"

Robert Belleret



M. Schröder et des "querelles mesquines"


Le chancelier allemand Gerhard Schröder a déploré, vendredi, les "querelles mesquines" au sujet de l'hommage qu'il rendra, dimanche 6 juin, aux soldats morts en Normandie. Des membres de l'opposition lui reprochent de ne pas se rendre dans le principal cimetière militaire allemand du Calvados. Gerhard Schröder a lancé un "appel à tenir ce qui va se passer dimanche en dehors des intentions partisanes et politiques". C'est un sujet "trop important et trop sensible". Dimanche, le chancelier ira au cimetière de Ranville, où 322 soldats allemands reposent aux côtés de 2 200 soldats des Etats du Commonwealth. Sa visite ne prévoit pas un passage au cimetière allemand de La Cambe, où reposent 21 200 soldats allemands. "Il est pitoyable qu'il évite un cimetière de soldats allemands", affirmait vendredi le quotidien Bild Zeitung. "M. Schröder prêche sans cesse le patriotisme. S'il passe à côté d'un cimetière allemand sans y déposer une gerbe, il est à mon sens un antipatriote", affirme Peter Ramsauer (CSU, conservateur). "Il devrait changer ses plans", a renchérit un responsable des Libéraux (FDP), Norbert Geis. - (AFP.)


• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 06.06.04



Versöhnliche Töne


     Erinnerung um des Friedens willen: Als erster Bundeskanzler nimmt
     Gerhard Schröder an den Gedenkfeiern zur Landung der Alliierten in der
     Normandie teil und findet die angemessenen Worte

     von Jochen Hehn

     Eine Premiere: Gastgeber Jacques Chirac begrüßt Gerhard Schröder als
     ersten deutschen Bundeskanzler

     An diesem 60. Jahrestag der Landung der Alliierten in der Normandie
     ruhen die Augen der ganzen Welt nicht nur auf den vor Alter gebeugten,
     frisch mit Orden dekorierten Veteranen und auf den farbenprächtigen
     Gedenkfeiern der einstigen Siegermächte. Sie richten sich auch auf
     Gerhard Schröder, der erstmals im Kreis der Weltkriegsalliierten
     weilt, um in ihrer Mitte dieses "längsten Tages" vom 6. Juni 1944 zu
     gedenken, an dem die Befreiung Europas und damit auch Deutschlands vom
     Joch des Nazi-Terrors erkämpft worden ist.

     Bei der deutsch-französischen Zeremonie, die ganz am Ende eines langen
     Gedenktages mit 17 nationalen und binationalen Feiern im
     Friedensmuseum von Caen stattfindet, trifft der Bundeskanzler den
     richtigen Ton und einfühlsame Worte. Er sei nicht als Vertreter des
     "alten Deutschland der finsteren Jahre" hierher gekommen, sondern
     repräsentiere ein Deutschland, das "den Weg zurück in den Kreis der
     zivilisierten Völkergemeinschaft gefunden" habe. "Wir kennen unsere
     Verantwortung vor der Geschichte und nehmen sie ernst", sagt er in
     Anwesenheit von Gastgeber Jacques Chirac, der ihn - eine Premiere - zu
     den D-Day-Feiern eingeladen hatte. Schröder schmäht ausdrücklich das
     Verbrechen "einer entfesselten, unmenschlichen Waffen-SS", vor 60
     Jahren an den Bürgern der Gemeinde Oradour-sur-Glâne begangen, das in
     ihm das Gefühl von "Scham und Zorn zugleich" hervorrufe. Ferner nennt
     er die Soldatenfriedhöfe und die Narben der beiden Weltkriege, die den
     Völkern Europas, "besonders dem deutschen Volk" die "dauernde Pflicht"
     auferlegt hätten, Rassismus, Antisemitismus und totalitären Ideologien
     zu widerstehen.

     Auf dem US-Soldatenfriedhof Colleville-sur-Mer beginnt am Vormittag
     der 60. Jahrestag des D-Day mit der gemeinsamen
     amerikanisch-französischen Gedenkzeremonie. Ein strahlend blauer
     Sommerhimmel überspannt den Friedhof, auf dem 9387 gefallenen
     amerikanische Soldaten begraben sind, und die direkt darunter liegende
     "Omaha-Beach", an der vor 60 Jahren die anstürmenden Amerikaner bei
     schwerem Wetter gegen die verbissen verteidigenden deutschen Soldaten
     schwerste Verluste erleiden mussten. 3000 GIs fielen an einem einzigen
     Tag.

     An der Seite von Präsident George W. Bush stimmt Jacques Chirac ein
     ungewohntes Hohelied auf die zwei Jahrhundert währende Freundschaft zu
     den Vereinigten Staaten an. "Frankreich wird diese Männer nie
     vergessen, die zu höchsten Opfern bereit waren, um unser Land der
     Nazi-Barbarei zu befreien." Wie Schröder am Abend in Caen, betont auch
     Chirac, dass von den Friedhöfen - insgesamt sind es 28 in der
     Normandie mit 100 000 Gefallenen - eine "Botschaft des Friedens"
     ausgehe, die eine "Herausforderung für die Zukunft und eine Aufgabe
     für die Gegenwart" sei. Weder Chirac noch Bush kommen in ihren mit
     Beifall bedachten Reden auf das Streitthema Irak zu sprechen, das in
     denen vergangenen Monaten das transatlantische Klima nachhaltig zu
     vergiften drohte. Auch Präsident Bush stimmt versöhnlich-leise Töne
     an. Er lobt er den Heldenmut der Soldaten und versichert, seinen
     französischen Gastgeber mit den Augen fixierend, dass die USA für ihre
     Freunde auch in Zukunft wieder das gleiche Opfer bringen würden.

     Eine stille, schlichte Zeremonie wird es am Nachmittag auf dem
     internationalen Soldatenfriedhof von Ranville bei Caen, die sich an
     das gemeinsame Mittagessen der 15 Staats- und Regierungschefs im
     Rathaus von Caen und an die zentrale Feier aller Staatsgäste auf der
     Reede des Badeortes Arromanches-les-Bains anschließt. Auf diesem
     Friedhof sind 322 deutsche Soldaten einträchtig an der Seite von über
     2000 Soldaten aus den Ländern des Commenwealth bestattet. Es ist eine
     kurze, eine würdige Zeremonie ganz ohne Musik. Sie besteht darin, dass
     der Bundeskanzler Schröder zwei Blumengebinde niederlegt. Einen für
     die deutschen Gefallenen und einen für die Opfer der Alliierten. Als
     diese Absicht des Kanzlers ruchbar wurde, hagelte es Kritik. "Ein
     Sakrileg" sei dies, schimpften einige britische Veteranenverbände. Sie
     können nicht vergessen, dass es in der Gegend von Ranville gleich zu
     Beginn der Invasion zu verlustreichen Kämpfen zwischen deutschen
     Einheiten und der sechsten Luftlandedivision der Briten kam. Aber auch
     von deutscher Seite hagelte es Kritik, vor allem aus konservativen
     politischen Kreisen.

     Die Tatsache, dass Schröder nicht den größten deutschen
     Soldatenfriedhof La Cambe besuche, auf dem über 22 000 Gefallene
     ruhen, sei eine Beleidigung für alle Kriegerwitwen, hieß es.
     "Übervorsichtig" nannte der Vorsitzende des Volksbundes der Deutschen
     Kriegsgräberfürsorge (VdK) die Entscheidung Schröders, weil dieser
     offenbar das Risiko unnötiger Diskussionen vermeiden wollte. In La
     Cambe liegen nämlich auch Angehörige der Waffen-SS begraben, deren
     Verbrechen der Kanzler am Sonntagabend als "unmenschlich" gebrandmarkt
     hat.

     In dem Wissen, dass selbst 60 Jahre nach dem D-Day Empfindlichkeiten
     fortbestehen, war Schröder sicher gut beraten, "übervorsichtig" zu
     sein. Die Proteste, die sein Amtsvorgänger Helmut Kohl erntete, als er
     den - am Samstag verstorbenen - früheren US-Präsidenten Ronald Reagan
     auf den Soldatenfriedhof in Bitburg einlud, werden ihm eine Warnung
     gewesen sein. An die Ehrung auch der alliierten Opfer in Ranville
     knüpft Schröder auch in seiner Ansprache am Abend im Mémorial von Caen
     an, als er dort in Anwesenheit von über 200 Jugendlichen aus
     Deutschland und Frankreich verspricht, die Opfer nicht zu vergessen.
     "Es ist ein guter Tag - heute, am 6. Juni 2004 - Frankreich und seinen
     Verbündeten dafür zu danken", dass sie Deutschland nicht nur befreit,
     sondern ihm auch "mit Großmut und politischer Weisheit" beigestanden
     hätten, den Weg zu gehen, der zur Wiedervereinigung geführt habe.

     Auch Jacques Chirac will da nicht zurückstehen. Vor allen Staats- und
     Regierungschefs würdigt er die deutsch-französische Versöhnung als
     beispiellos. In ihrer gemeinsamen Verantwortung vor der Geschichte
     hätten sich die einstmals "unversöhnlichen Feinde" dazu entschlossen,
     für "eine Zukunft ohne Hass" zu arbeiten.

     Erinnerung um des Friedens in Europa und in der Welt willen - das ist
     die Botschaft.

     Artikel erschienen am 7. Juni 2004




Arrivée à Caen du chancelier allemand Schroeder pour le 60ème anniversaire du Débarquement allié 
 CAEN (France), 6 juin (XINHUANET) -- Le chancelier allemand Gerhard Schroeder est arrivé à Caen dimanche pour se joindre aux célébrations du 60ème anniversaire. Il est le premier dirigeant allemand à participer aux commémorations du Débarquement allié en Normandie.
Le chancelier doit être reçu par le président français Jacques Chirac à la mairie de Caen. Il est ensuite attendu à Arromanches pour la célébration internationale du Débarquement à laquelle participe une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement.
M. Schroeder doit se recueillir dans l'après-midi à un cimetière de soldats d'Allemagne et du Commonwealth tombés il y a soixante ans en Normandie. Il devrait ensuite inaugurer avec M. Chirac une plaque commémorative au Mémorial de Caen à l'occasion d'une cérémonie franco-allemande.
M. Schroeder est accompagné d'une petite délégation comptant deux résistants allemands ayant participé à l'attentat manqué contre Adolf Hitler le 20 juin 1944, le Baron Philipp von Boeselager et son épouse Rosa-Maria. Fin
 
 
 
Soixante ans après le Débarquement, Jacques Chirac et Gerhard Schröder se donnent l'accolade par Christine Ollivier
CAEN (AP) - Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont donné l'accolade deux fois, longuement, dimanche. Par ce geste, le président français et le chancelier allemand entendaient symboliser la réconciliation de leurs deux pays, soixante ans après le Débarquement allié.
M. Schröder était le premier chef de gouvernement allemand jamais invité à participer à ces célébrations, à l'initiative de Jacques Chirac. Les deux hommes se sont retrouvés dimanche soir au Mémorial de la paix de Caen (Calvados), devant plusieurs milliers de personnes.
Là, le président français a accueilli Gerhard Schröder non seulement «en ami», mais «en frère», faisant part de sa «très grande émotion» de le trouver à ses côtés.
Au-delà du «face-à-face sanglant de milliers de combattants», «le 6 juin 1944 marque surtout le renouveau de la liberté et de la démocratie sur un continent européen opprimé sous le joug de l'idéologie nazie et de sa folie meurtrière», a souligné le président français.
»Nous, Allemands, savons qui sont les auteurs criminels de la guerre. Nous sommes conscients de notre responsabilité face à l'histoire et nous l'assumons», a pour sa part affirmé Gerhard Schröder, exprimant sa «tristesse profonde» aux souvenirs des événements du 6 juin 1944. Et il a tenu à évoquer «la mémoire des habitants d'Oradour qui, il y a 60 ans, ont été les victimes des troupes SS déchaînées et de leur brutalité».
En ce 60e anniversaire du Débarquement, M. Schröder a lancé «un appel pour qu'ensemble nous mettions à profit cette journée de commémoration pour faire progresser notre oeuvre de paix».
Car les deux hommes entendaient avant tout se tourner vers l'avenir. «Cette cérémonie témoigne devant le monde qu'il n'est pas de conflit (...) qui ne puisse un jour laisser place au dialogue et à l'entente», a affirmé Jacques Chirac. «Aux hommes qui s'affrontent dans la nuit interminable de la haine et du ressentiment, notre réconciliation offre une véritable espérance.»
Les morts du 6 juin 1944 «imposent un devoir de chaque instant», »le devoir de s'opposer au racisme, à l'antisémitisme et aux idéologies totalitaires», a estimé de son côté Gerhard Schröder. »Une responsabilité incombe aux citoyens européens et à leurs dirigeants politiques, celle de tout faire pour empêcher que les conflits guerriers, les crimes de guerre et le terrorisme ne s'enflamment autre part.»
»Ma génération a grandi» à l'ombre de la guerre, a rappelé le chancelier. «Il n'y a que quatre ans que ma famille a retrouvé la tombe de mon père, soldat mort en Roumanie. Je ne l'ai jamais connu.» Pour autant, «ce n'est pas l'ancienne Allemagne de ces années sombres que je représente ici», mais l'Allemagne démocratique d'aujourd'hui.
»Vous assumez la mémoire de l'Allemagne. Vous en incarnez aussi le renouveau. Vous êtes né (en 1944, NDLR) quand renaissait l'espoir», a approuvé Jacques Chirac.
Pour les deux hommes, «l'idée européenne, les projets qui l'incarnent, sont en réalité nés ici même», avec «le sentiment (...) que nous devions à nos morts de donner un sens à leur sacrifice en nous engageant résolument dans la seule voie qui assurait la paix en Europe: celle de la réconciliation entre nos deux pays», comme l'a déclaré Jacques Chirac. «Ce fut le ressort profond du mouvement d'unification européenne.»
Jacques Chirac s'est donc dit convaincu qu'une «Europe forte contribuera à la stabilité du monde et donnera un nouvel élan à la relation transatlantique». Et «c'est par son engagement au service de la paix et de la solidarité que l'Europe sera fidèle à la mémoire de tous ceux qui sont tombés ici pour la liberté». AP
co/mw/tl
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Jour J: Schroeder souligne la responsabilité historique de l'Allemagne
Le chancelier allemand Gerhard Schroeder prie dans le cimetière de Ranville, dimanche
© AFP Joel Saget
CAEN (AFP) - Le chancelier Gerhard Schroeder, premier dirigeant allemand à participer aux commémorations du Débarquement, a souligné dimanche à Caen la responsabilité historique de l'Allemagne dans la guerre et rendu hommage aux soldats alliés qui ont affronté les forces nazies le 6 Juin 1944.
"Nous en Allemagne savons qui a provoqué la guerre. Nous connaissons notre responsabilité historique et nous la prenons au sérieux," a déclaré le chancelier lors d'un discours prononcé au Mémorial pour la paix de Caen, à l'occasion des commémorations du soixantième anniversaire du Débarquement.
"L'Europe a appris sa leçon et particulièrement nous Allemands ne nous déroberons pas. Les citoyens européens et leurs hommes politiques ont le devoir de ne donner aucune chance ici et ailleurs à la guerre, aux crimes de guerre et au terrorisme", a dit M. Schroeder, chaleureusement accueilli par la foule normande à chacune de ses apparitions publiques tout au long de la journée.
La présence inédite de l'Allemagne aux cérémonies, annoncée il y a six mois, a été saluée à la quasi unanimité en Europe et aux Etats-Unis.
"Les Françaises et les Français vous reçoivent plus que jamais comme un ami, ils vous reçoivent en frère", a lancé le président Jacques Chirac à son hôte, devant la foule des Normands devant le Mémorial.
"C'est un symbole de la longue route parcourue par l'Europe (...). Maintenant, nous avons définitivement tourné la page de la guerre sur notre continent", écrit le chef de la diplomatie britannique Jack Straw dans une tribune à la presse allemande samedi.
Le chancelier n'a cessé ces derniers mois de marteler que le Débarquement était pour l'Allemagne d'aujourd'hui synonyme de "Libération", et non plus d'"Invasion", la terminologie longtemps utilisée pour désigner cette cuisante défaite militaire allemande.
Gerhard Schroeder a saisi l'occasion historique de sa visite pour rendre un hommage appuyé aux soldats Alliés morts en 1944.
Au Mémorial de Caen, il a remercié "ceux qui ont été privés il y a soixante ans de vivre cette vie plus heureuse." Ils "méritent notre souvenir, notre profond respect" car "leur mort n'était pas vaine: nous vivons dans la liberté et la paix".
Rappelant le souvenir pénible des douze années de dictature hitlérienne, M. Schroeder a parlé de lui-même: "Ma génération a grandi dans son ombre: il n'y a que quatre ans que ma famille a retrouvé la tombe de mon père, un soldat tombé en Roumanie (en 1944). Je n'ai pas eu le droit de connaître mon père", a-t-il dit.
Auparavant, à Ranville, il s'était recueilli dans un cimetière où reposent plus de 2.000 soldats du Commonwealth et d'Allemagne.
Seul et en silence, il a rendu hommage à l'ensemble des soldats tombés, devant une grande croix avant de s'incliner devant la tombe d'un soldat allemand inconnu. Aux deux endroits, l'Allemagne avait déposé deux grandes couronnes portant les couleurs du drapeau allemand.
En Allemagne, où une écrasante majorité approuve sa participation, le chancelier est accusé par certains politiciens et intellectuels de trop négliger les morts allemands. Par exemple, en évitant le plus grand cimetière militaire allemand de la région, à La Cambe, où reposent plus de 20.000 soldats allemands, dont des Waffen-SS.
Lors des célébrations du cinquantième anniversaire en 1994, l'exclusion du chancelier de l'Allemagne réunifiée, Helmut Kohl, avait blessé un pays qui s'emploie depuis la fin de la guerre à réaliser un travail de sensibilisation et de mémoire impressionnant.
M. Schroeder était accompagné en Normandie d'une petite délégation comptant deux résistants allemands ayant participé à l'attentat manqué contre Adolf Hitler le 20 juillet 1944, le baron Philipp von Boeselager et son épouse Rosa-Maria.


Une déferlante de chefs d'Etat sur Arromanches
La Normandie est l'hôte des grands de ce monde à l'occasion du 60e anniversaire du Débarquement. Vingt chefs d'Etats et de gouvernement étrangers (lire ci-contre), dont le chancelier allemand Gerhard Schroeder, invités par le président Jacques Chirac assisteront demain dimanche à la cérémonie internationale à Arromanches, où les troupes britanniques débarquèrent à l'aube du 6 juin 1944.
Arromanches, comme tous les villages et villes de la région, est ornée de drapeaux américains, britanniques ou encore canadiens. De multiples fanions multicolores pour souhaiter la bienvenue aux vétérans du Débarquement, qui ont déambulé hier dans les rues, en attendant le début des cérémonies officielles aujourd'hui. Un millier d'entre eux y participeront. Seize commémorations officielles rythment le week-end. Mais de nombreuses autres cérémonies se déroulent parallèlement.
Hier, Alliés de la Seconde Guerre mondiale et Allemands se sont retrouvés pour une cérémonie de la paix dans le cimetière militaire allemand de La Cambe, où sont enterrés non loin des plages du Débarquement plus de 21.000 soldats du 3e Reich. Une manifestation à l'image de ces célébrations, plus que jamais placées sous le signe de la réconciliation.
Aucune tension ne transparaît tout au long des plages du Débarquement, zone placée sous haute-surveillance policière et militaire. Dans un contexte international de guerre anti-terroriste et de différends entre alliés d'hier sur la crise irakienne, les chefs d'Etat entendent s'en tenir en Normandie à un hommage appuyé aux soldats de 1944. Le discours du président américain George W. Bush en Normandie sera centré sur le Jour J et le sacrifice des jeunes soldats américains pour la libération de l'Europe et non sur l'Irak, a assuré un haut responsable de la Maison-Blanche.
Pour le président français, il s'agira de rendre «hommage aux combattants de la liberté», dans la fidélité aux valeurs «de la démocratie, du droit et de la liberté».


Débarquement: la visite hautement symbolique du chancelier Schröder
RANVILLE, Calvados (AP) - Né en 1944, l'année du Débarquement en Normandie, Gerhard Schröder est le premier chancelier allemand qui n'a pas de souvenirs personnels de la Seconde guerre mondiale. Il est également devenu dimanche le premier chef de gouvernement allemand à avoir été convié à participer aux cérémonies commémorant le Jour J.
Evoquant son père mort pendant la guerre en Roumanie, M. Schröder avait avoué vendredi sur France-3 que cela le «remuait beaucoup». »Je sais très bien que non seulement mon père, mais aussi beaucoup d'Allemands, dans cette guerre commencée par les nazis, ont perdu leurs vies. C'est dire si tout cela me touche énormément personnellement. Mais le plus important, c'est que ces souvenirs nous unissent dans une perspective commune».
Lors de la cérémonie internationale dimanche à Arromanches (Calvados), Jacques Chirac n'a pas manqué de se féliciter de »l'exemplarité de la réconciliation franco-allemande». Le chef de l'Etat a rappelé avoir «souhaité que l'Allemagne se souvienne avec nous de ces heures où l'idéal de liberté a de nouveau soufflé sur notre continent».
Désormais, «dans le respect de l'histoire, des combattants, des souffrances et du sang versé, nous célébrons ensemble la victoire de la paix et de la démocratie». «Les ennemis irréductibles du passé construisent en commun leur présent. Ils regardent ensemble l'avenir», s'était-il réjoui. Cela prouve, selon lui, qu'»il y a toujours un chemin possible pour la paix».
Auparavant, M. Schröder avait déjeuné à l'hôtel de ville de Caen (Calvados) avec Jacques Chirac et d'autres chefs d'Etat et de gouvernement. Le cortège du chancelier allemand avait même été salué par des applaudissements des Caennais massés derrière les barrières. Après une chaleureuse accolade avec M. Chirac, M. Schröder a fait un baise-main à l'épouse du président français.
»La victoire des Alliés n'était pas une victoire sur l'Allemagne, mais une victoire pour l'Allemagne», a ainsi écrit le chancelier dans une lettre publiée dans l'édition dominicale du journal le plus lu d'Allemagne, «Bild». Personne n'attend de nous «que nous nous sentions coupables pour les crimes et le génocide d'un régime innommable, mais nous avons la responsabilité de reconnaître notre histoire».
C'est ainsi que le chancelier s'est rendu en fin d'après-midi au cimetière militaire de Ranville (Calvados) où reposent 2.562 soldats, dont 322 allemands, pour y déposer une première gerbe devant une croix érigée à la mémoire de tous les soldats enterrés là et une seconde sur la tombe d'un soldat allemand inconnu. En début de soirée, MM. Chirac et Schröder se retrouvaient pour une cérémonie franco-allemande au Mémorial de la Paix à Caen. AP
mw-pyr/div
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Chirac et Schröder plaquent la réconciliation
Jacques Chirac et Gerhard Schröder, premier Chancelier allemand à assister aux célébrations du Jour J, ont conclu la journée du souvenir au Mémorial de Caen en inaugurant une plaque de commémoration commune.
Mis en ligne le 06 juin 2004 
 
 En conclusion des cérémonies du soixantenaire du Débarquement, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont dévoilé ce dimanche en fin d'après-midi au Mémorial pour la paix de Caen une plaque marquant la première célébration commune franco-allemande du Jour J. C'est la première fois qu'un Chancelier allemand assistait aux commémorations du 6 juin 1944. La portée symbolique et politique du geste est évidemment très forte.
Lors de son discours, le chef de l'Etat a  notamment estimé  que la présence du Chancelier, un "moment de très grande émotion", témoignait du "long et patient travail de réconciliation" entre la France et l'Allemagne.  "En ce jour du souvenir et de l'espérance, les Français vous reçoivent plus que jamais en ami, ils vous reçoivent en frère", a affirmé le président de la République à son hôte, avant d'ajouter que la réconciliation entre les deux pays "offre une véritable espérance" à ceux "qui s'affrontent dans la nuit interminable de la haine et du ressentiment".
Schröder se recueille à Granville
De son côté, Gerhard Schröder a indiqué que son pays prenait "sa responsabilité historique au sérieux" et que "les Allemands ne se déroberont pas à la leçon tirée du passé".  "Les citoyens européens et leurs politiciens ont le devoir de ne donner aucune chance ici et ailleurs à la guerre, aux crimes de guerre et au terrorisme", a déclaré le Chancelier, dont le père est mort en Roumanie en 1944. "Mon pays a retrouvé le chemin des peuples civilisés. C'était un long chemin jusqu'à une démocratie stable et réussie", a-t-il conclu.
Un peu auparavant, Gerhard Schröder, dont la venue est largement approuvée en France et Allemagne à quelques exceptions près, était allé se recueillir au cimetière militaire de Granville. Le lieu accueille en majorité des Britanniques, mais 322 soldats allemands y reposent également. Le Chancelier a en revanche évité le cimetière de La Cambe, le plus grand lieu de sépulture allemand de la région.
(photo : Gerhard Schröder et Jacques Chirac au moment de dévoiler la plaque)



Historisches Zeichen der Versöhnung

Bei den Feierlichkeiten zum 60. Jahrestag der Landung der Alliierten in der Normandie würdigte der französische Staatspräsident Jacques Chirac die deutsch-französische Aussöhnung als Vorbild für die Völker der Welt
  
Ein Veteran wird am "Juno Beach" von der Erinnerung übermannt
Foto: dpa   
Caen/Arromanches  -  Am 60. Jahrestag der Landung alliierter Truppen in der Normandie haben Staats- und Regierungschef aus 16 Ländern ein bisher einmaliges Zeichen der Versöhnung gesetzt. Mit Gerhard Schröder nahm am Sonntag erstmals ein deutscher Kanzler an der zentralen Gedenkfeier am Gold-Strand von Arromanches teil.
Die Helden von damals waren auch die Helden vom Sonntag: Mehr als 10.000 zum Teil hochbetagte alliierte Veteranen waren noch einmal in die Normandie gekommen, wo sie von Ehrung zu Ehrung gereicht wurden. Die meisten von ihnen dürften den nächsten runden Jahrestag der Landung im Jahr 2014 nicht mehr erleben. 14 von ihnen - aus jedem der an der Operation Overlord beteiligten Nationen einer - wurden in Arromanches vor den Augen der Weltöffentlichkeit von Chirac zu Rittern der Ehrenlegion geschlagen.

Gedenken an die Gefallenen und Nazi-Opfer
133 defilierten zum Auftakt der Zeremonie zur Musik des Hollywood-Films „Der längste Tag“ vor der Ehrentribüne, einige Veteranen mussten im Rollstuhl geschoben werden. In dem bewegenden Moment hielt es selbst Chirac, Bush, Putin und Co. auf der Ehrentribüne nicht mehr auf ihren Sitzen.
Das gut anderthalbstündige Spektakel an der Gold-Küste, wo 1944 die Engländer landeten, war den tausenden Gefallenen des D-Days und den Opfern der Nazi-Herrschaft gewidmet, ging aber ganz im Sinne der Versöhnungsbotschaft zukunftsgerichtet zu Ende. Zu den Klängen von Beethovens Ode an die Freude wurden auf großen Leinwänden Filmaufnahmen gezeigt, bei denen sich tausende Bewohner der Normandie auf den Landungsstränden zu den Wörtern zusammenstellten: Normandie, Liberte, Merci - Normandie, Freiheit, Danke.
US-Präsident George W. Bush betonte, die „große Allianz der Freiheit“ sei stark und werde auch heute noch gebraucht. An der zentralen Gedenkfeier nahmen auch die britische Königin Elizabeth II, Premierminister Tony Blair und der russische Präsident Wladimir Putin teil.

Chirac preist deutsch-französische Versöhnung als beispielhaft
Besonders gewürdigt wurde die deutsche Beteiligung an den Feierlichkeiten vom Gastgeber. Der französische Präsident Jacques Chirac ging in seiner kurzen Ansprache ausführlich auf den einstigen Erzfeind ein, dessen militärische Niederlage am 6. Juni 1944 eingeleitet worden war. Chirac sagte, die „unnachgiebigen Feinde der Vergangenheit“ bauten gemeinsam an der Gegenwart und blickten gemeinsam in die Zukunft. Schröder betonte, Deutschland sei sich seiner besonderen Verantwortung vor der Geschichte bewusst. „Europa hat seine Lektion gelernt, und gerade wir Deutschen werden sie nicht verdrängen.“


Frankreich und Deutschland, die sich einst erbittert bekämpften und nun gemeinsam die Gegenwart und die Zukunft meisterten, seien für die ganze Welt ein Beispiel, wie Feindschaft überwunden werden könne. Die Versöhnung zeige, „dass im Hass keine Zukunft liegt, dass es immer einen Weg für den Frieden gibt“, so der französische Staatschef. „Im Respekt vor der Geschichte, den Kämpfern, den Leiden und dem vergossenen Blut feiern wir gemeinsam den Sieg des Friedens und der Demokratie“, bekräftigte Chirac. Es sei sein Wunsch gewesen, dass sich Deutschland gemeinsam mit den Siegerstaaten des Zweiten Weltkriegs an jene Stunden erinnere, „in denen das Ideal der Freiheit von Neuem auf unserem Kontinent wehte“.

Historisches Zeichen der Versöhnung (2)
Kanzler bekennt sich zur Verantwortung Deutschlands

Der Kanzler bewies am D-Day Takt und Zurückhaltung: Er verzichtete trotz Protesten der Opposition auf eine Kranzniederlegung auf dem deutschen Soldatenfriedhof in La Cambe, wo auch tausende Tote der in Frankreich verhassten Waffen-SS liegen, und wich auf den britischen Friedhof Ranville aus. Dort ehrte er neben den dort beigesetzten 322 deutschen auch die britischen Gefallenen.
Nicht zufällig schloss dann am Abend eine historische deutsch-französische Zeremonie im Memorial von Caen die Feiern zum 60. Jahrestag der Landung ab. Schröder hielt dort eine kurze Ansprache, in der er sich zur „Verantwortung vor der Geschichte“ bekannte. „Es ist nicht das alte Deutschland jener finsteren Jahre, das ich hier vertrete“, sagte der nur wenige Monate vor der Landung der Alliierten geborene Kanzler. „Mein Land hat den Weg zurück in den Kreis der zivilisierten Völkergemeinschaft gefunden.“
„Wir in Deutschland wissen, wer den Krieg verbrochen hat“, hieß es in der Kanzler-Rede weiter. „Wir kennen unsere Verantwortung vor der Geschichte und wir nehmen sie ernst.“ Schröder bekräftigte die Bereitschaft Deutschlands, auch künftig notfalls mit militärischen Einsatz seiner „Verantwortung für Frieden und Menschenrechte“ gerecht zu werden. „Wir sind aber auch nicht leichthin bereit, zu militärischen Mitteln zu greifen“, betonte er.
Schröder und Chirac, die an diesem Tag einen neuen Höhepunkt in den deutsch-französischen Beziehungen markierten, unterstrichen, die Konsequenz der Vergangenheit könne nur ein freies und demokratisches Europa sein.

Veteranen gefeiert - Spektakel am Gold-Beach
Die Feierlichkeiten hatten am Morgen mit 21 Salutschüssen bei einer französisch-amerikanischen Zeremonie auf dem US-Soldatenfriedhof in Colleville begonnen. Chirac und Bush gedachten an den mehr als 9.000 Gräbern der Gefallenen des 6. Juni 1944. „Amerika würde es wieder tun für unsere Freunde“, versicherte Bush. Insgesamt waren am Sonntag 13 offizielle Feiern entlang der fünf Landungsstrände von 1944 vorgesehen.
Zu den Zeremonien waren rund 20.000 Gäste geladen. Mehrere hunderttausend Besucher kamen in die Normandie, mehr als 15.000 Soldaten und Polizisten waren im Einsatz. Am 6. Juni 1944, dem so genannten D-Day, waren 155.000 alliierte Soldaten an fünf Stränden in der Normandie gelandet. Elf Monate später endete der Zweite Weltkrieg mit der Kapitulation Deutschlands.