LE
DÉCLIN DE L'ALLEMAND
Articles
parus dans le "Télégramme de Brest et de l'Ouest" le mercredi
27 octobre 2004.
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27 octobre 2004
Photopqr/L'Alsace/J.-M.Loos
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Alors que l'enseignement de l'anglais ne cesse de croître,
l'apprentissage de l'allemand connaît une baisse constante dans le
système éducatif français. Hier à Berlin,
Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont émus de cette situation.
Et cela bien que le président ne parle pas la langue de Gœthe ni
le chancelier celle de Molière...
Article 1 :
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Article 2 :
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Article 3 :
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(toutes les photos de ces articles : F.Destoc)
Autres articles sur le sujet
LANGUE ALLEMANDE.
POURQUOI CE DÉSAMOUR ?
Pas moins de 17 ministres français étaient hier dans
la capitale allemande afin de plancher sur le resserrement des liens - déjà
étroits - entre Paris et Berlin. Un « oublié »
de ce sommet : l'enseignement de la langue du partenaire. L'allemand est pourtant
en nette perte de vitesse dans le système scolaire français.
Le phénomène n'est pas nouveau, mais il s'accélère.
L'apprentissage
de l'allemand dans le système éducatif français a
grand besoin d ' être stimulé, car il connaît une baisse
constante depuis quelques années.
Alors qu ' au total, en comptant également la seconde
langue vivante choisie en 4 e , ou même une troisième langue
étudiée au lycée, le nombre d ' anglicistes ne cesse
d ' augmenter, celui des germanistes ne cesse de baisser depuis trente ans.
Le phénomène s ' accélère depuis
cinq ans avec une baisse d ' un pour cent chaque année.
L'Alsace à part
En 2004, entre 6 e et terminale, ils ne sont plus que 17 % à
étudier l ' allemand, contre 20 % en 2000. Ce chiffre doit même
être relativisé au niveau national, en raison de la faveur que
continue à avoir l ' allemand dans l ' académie de Strasbourg
: 90 % des petits Alsaciens du primaire apprennent l ' allemand, et 47
% l ' étudient en 6 e (contre 54 % l ' anglais).
L ' espagnol connaît parallèlement une forte poussée.
Même en troisième
langue
Même en troisième langue, l' espagnol, l ' italien, le russe
et le portugais battent largement l ' allemand.
L ' utilité de l ' anglais comme langue de communication
internationale explique ce phénomène .
L'anglais s'impose d'autant plus en langue vivante 1, qu'il est
presque toujours la langue apprise à l'école primaire.
De plus, l'équation allemand en première langue
= classe de bons élèves ne fonctionnerait plus à coup
sûr, écartant les choix « stratégiques » de
la part des parents.
La réputation de langue difficile de l ' allemand rebute
également plus d'un élève, notamment au moment de choisir
la langue vivante 2. « J ' ai chaque année de moins en moins
d ' élèves et très peu des petits frères et
sœurs de mes anciens élèves, qui les ont dissuadés d
' apprendre la langue de Goethe » , affirme ainsi Claudie Caraillon,
professeur dans un lycée parisien.
« Le choix dominant (anglais langue 1, espagnol langue
2) est porté par la conviction que ce bagage est le meilleur passeport
pour circuler et se faire comprendre dans une large partie du monde »,
explique dans son rapport au Sénat (novembre 2003) le sénateur
Jacques Legendre (UMP, Nord). « Les élèves et leurs familles
y trouvent un équilibre, dans leur perception des langues, entre
une « langue de communication », l'anglais, qui jouit de l'étiquette
de « langue internationale » et une « langue de loisir
», l'espagnol, autrement dit entre une « langue utile »
et une « langue facile ».
Le sénateur insiste aussi sur le fait que l'image renvoyée
par le pays est également un critère déterminant dans
le choix de la langue. « Cela est un handicap pour l'allemand ou le
russe, dont les pays sont perçus, à tort, comme peu dynamiques
sur le culture. »
Chirac. « Renforcer l'apprentissage
de l'allemand »
La question turque a fait passer au second plan, hier à Berlin,
les autres sujets au menu du Conseil des ministres franco-allemand, à
commencer par l'enseignement de la langue du partenaire. « Nous avons
pris le problème à bras le corps, a assuré Jacques Chirac.
Il reste une barrière entre la France et l'Allemagne, surtout à
cause de la langue. Il est important de renforcer l'apprentissage du français
en Allemagne et de l'allemand en France ».
Equivalences
Un accord sur l'équivalence de certificats professionnels a été
annoncé. Le CAP français sera équivalent à un
apprentissage de deux ans ou une formation dans un lycée professionnel
en Allemagne. Le brevet et le baccalauréat professionnels seront équivalents
à un apprentissage ou une formation dans un lycée professionnel
allemand. L'objectif est d'accroître les possibilités d'achever
une formation professionnelle supplémentaire de l'autre côté
de la frontière.
L'évolution de l'étude
des langues entre 1965 et 1995
Selon une étude du ministère de l'Education nationale
qui porte sur trente ans (1965-1995), les grandes lignes de l'évolution
de l'étude des langues sont les suivantes :
1) Moindre diversité dans l'étude d'une première
langue, la prépondérance de l'anglais a légèrement
crû, au détriment de l'allemand et de l'espagnol.
2) Forte progression de l'espagnol en langue 2. Le nombre total
d'élèves apprenant l'espagnol dans le second degré dépasse
celui des germanistes depuis 1989-90.
3) A la suite de la réforme des lycées de 92-93,
qui a diversifié la gamme des options que peuvent prendre les élèves,
le nombre de lycéens étudiant une troisième langue vivante
a chuté. En 82, 13,6 % des élèves de seconde étudiaient
une troisième langue, en 1995, ils étaient 11,6 %. En 2000,
ils ne sont plus que 9,5 %. L'italien est depuis 1994-95 la langue la plus
étudiée en troisième langue, alors que l'allemand est
de moins en moins retenu.
En 1990-91, parmi ceux qui étudiaient une langue étrangère,
18,2 % prenaient l'allemand. En 1999-2000, ils n'étaient plus que
7,4 %.
Tour d'horizon de l'apprentissage en France
http://www.education.gouv.fr/thema/langue/langue1b.htm
La situation de l'apprentissage et de l'enseignement
des langues vivantes en France
M. Fillon ne
devrait faire qu'un usage limité du rapport Thélot
LE MONDE | 12.10.04 | 13h47
Le ministre de l'éducation nationale regrette que la commission
n'ait pas davantage travaillé sur certains sujets comme la pédagogie,
la formation des maîtres et l'orientation, et n'ait pas chiffré
le coût des réformes envisagées.
Que va devenir le rapport Thélot ? Dans quelle mesure le gouvernement
va-t-il s'en inspirer pour concevoir, d'ici à la fin de l'année,
la prochaine loi d'orientation sur l'école ? François Fillon
ne l'a en tout cas pas attendu pour réfléchir.
Conséquence : alors que la commission présidée
par Claude Thélot vient de lui remettre ses conclusions, le ministre
de l'éducation nationale a déjà des idées précises
sur l'usage qu'il en fera : très politique et, sans doute, in fine,
parcimonieux.
Politique, parce que la publication du rapport permet d'abord au ministre
de tester sur l'opinion et les syndicats certaines de ses propositions
qu'il envisage d'exploiter mais dont il sait qu'elles feront polémique.
Parcimonieux, parce que, d'ores et déjà, François
Fillon refuse d'étudier certaines pistes dessinées par Claude
Thélot. Et en poursuit d'autres, que la commission - au sein de
laquelle le clan des pédagogues est majoritaire depuis que les principaux
représentants des "républicains" ont démissionné
(Le Monde daté 10 au 11 octobre) - n'a pas approfondies.
Sur la philosophie de départ, Claude Thélot et François
Fillon sont d'accord. Le premier se donne pour objectif "la réussite
de tous les élèves". Le second déclarait à
Poitiers, le 1er octobre : "La loi de 1989 retient l'objectif de 80 % d'une
classe d'âge au niveau du baccalauréat. J'y reste attaché.
Mais, s'il m'est permis de fixer un autre horizon, j'en fixerai un autre
: celui des 100 % d'élèves obtenant une qualification. 160
000 jeunes quittent encore chaque année le système scolaire
sans en disposer."
Mais sur la question de savoir comment y parvenir, les deux hommes
s'éloignent. Claude Thélot introduit son "socle commun des
indispensables". "C'est le grand mérite de son rapport, estime-t-on
dans l'entourage de M. Fillon. Il pose la question du contenu de la scolarité
obligatoire." Pour autant, le ministre n'envisage pas une seconde de créer
une haute autorité indépendante, qui, comme le souhaite Claude
Thélot, en définirait le contenu, et le dessaisirait ainsi
de ses fonctions. "Les modalités d'application du socle commun peuvent
être redoutables", poursuit un proche du ministre.
Ainsi, François Fillon trouve
intéressante l'idée avancée par Claude Thélot
de rendre l'anglais obligatoire, mais n'est pas prêt à se battre
si le sujet doit soulever trop de polémiques.
D'autres pistes évoquées par la commission retiennent son
attention mais demandent également à être testées
: augmenter le temps de service des enseignants et les rémunérer
pour cela ; individualiser plus les parcours des élèves ou
encore consacrer plus d'argent aux zones défavorisées. "Thélot
ne parle quasiment pas de pédagogie", regrette un proche de François
Fillon.
Le ministre le trouve également insuffisant en matière
de formation des maîtres et d'orientation des élèves.
Sur le premier point, "Claude Thélot propose une correction du système,
pas une vraie réforme", regrette-t-on Rue de Grenelle, d'autant que
près de la moitié des enseignants partiront à la retraite
entre 2000 et 2012. En matière d'orientation, même s'il trouve
intéressante l'idée de revenir à une orientation pour
tous à la fin de la troisième et non plus de la seconde, le
ministre regrette que M. Thélot se préoccupe peu du rôle
que devrait tenir l'école pour permettre aux jeunes de trouver un
emploi, alors que la France a l'un des taux de chômage des 16-25 ans
les plus forts d'Europe. Qui plus est, il envisage de créer un "statut
du lycéen professionnel", qui serait rémunéré
en partie par l'Etat lorsqu'il travaillerait en entreprise. "Nous y sommes
opposés, déclare un proche de M. Fillon. Cela aurait pour conséquence
d'orienter vers ces fili! ères les jeunes issus des familles les
plus modestes."
ENTRE 8 ET 10 MILLIARDS D'EUROS
Sans parler du coût qu'aurait une telle mesure puisqu'ils sont
plus de 700 000 élèves à suivre au lycée une
voie professionnelle. C'est là un autre reproche qu'adresse François
Fillon à Claude Thélot : à aucun moment il n'aborde
la question des moyens de l'éducation nationale, qui consomme un
quart du budget de l'Etat. Il fait des propositions, mais ne les chiffre
jamais. L'éducation nationale l'a fait pour lui : elles coûteraient
entre 8 et 10 milliards d'euros. Claude Thélot assume : il n'a pas
souhaité entrer dans trop de détails et rester ainsi "au ras
des pâquerettes".
Virginie Malingre
"Le gouvernement doit en tenir compte"
"Le gouvernement doit tenir le plus grand compte de ce rapport. C'est
ce sur quoi la réforme de la loi doit reposer", prévient le
président de la commission, Claude Thélot, à l'adresse
du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et du ministre de l'éducation
nationale, François Fillon. Estimant qu'"il ne s'agit pas d'un rapport
comme les autres", M. Thélot insiste sur la "légitimité
extrêmement forte" des propositions de la commission. "Ce rapport répond
à l'aspiration des Français, à travers leur participation
au grand débat", plaide le président. "Les membres de la commission
étaient très divers. Mais grâce à l'organisation
de nos débats sur plus d'un an, grâce à nos réunions
hebdomadaires, tous les membres de la commission - sauf quatre - ont accepté
son contenu", souligne M. Thélot. "La commission souhaite que ce
qui a été annoncé se produise et que la réforme
ait lieu", conclut-il.
. ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.10.2004
POINT DE VUE
Plurilinguisme : la dernière bataille, par Claude
Hagège
LE MONDE | 14.10.04 | 14h54
A l'issue des 81es consultations franco-allemandes, le 18 septembre 2003,
le président Jacques Chirac tint les propos suivants, exactement
retranscrits : "Nous avons conclu sur un point qui nous préoccupe,
qui est le seul en réalité, me semble-t-il, qui soit un peu
préoccupant dans le cadre de la coopération de plus en plus
intime entre l'Allemagne et la France, et de plus en plus nécessaire
si nous voulons assumer convenablement la construction européenne,
c'est le problème de la langue.
Nous sommes convenus que nous devions, dans ce domaine, faire un effort,
que trop peu nombreux étaient les Français parlant allemand
ou les Allemands parlant français (...). Il n'y a (...) qu'une seule
solution pour permettre un rapprochement fraternel entre nos deux peuples,
plus encore qu'il ne l'est aujourd'hui, c'est de prendre des initiatives
nous permettant de donner beaucoup plus de chances aux Français d'apprendre
l'allemand et aux Allemands d'apprendre le français."
Huit mois plus tard, le 13 mai 2004, en clôture du conseil des
ministres franco-allemand, M. Chirac déclarait, plus précisément
encore : "Dans cette évolution positive de notre relation (...)
vitale pour l'Europe de demain, il y a un point noir, une chose difficile,
et cette chose difficile c'est la langue (...). Cette barrière va
finalement rester la seule (...) entre l'Allemagne et la France (...).
Alors, il y a probablement des méthodes. Il y a l'idée que
chaque jeune Allemand, chaque jeune Français soit encouragé
ou conduit, dès le plus jeune âge, à apprendre deux
langues étrangères (...). Nous avons demandé à
nos collaborateurs compétents et à nos ministres compétents
de bien vouloir en faire l'un des points prioritaires du prochain conseil
des ministres, que nous tiendrons dans quelques mois."
Deux langues étrangères enseignées à l'école
primaire : telle est la suggestion qui circule depuis de nombreuses années
et qu'il est heureux de voir ici clairement exprimée. Le français
et l'allemand sont une illustration parmi d'autres, certes non négligeable
puisque l'Allemagne est le premier partenaire politique et commercial de
la France.
On ne peut manquer d'être fort surpris quand on rapproche ces propos
d'un texte adressé par le ministère de l'éducation
nationale, dans le Bulletin officiel n° 6 du 5 février, à
tous les recteurs, inspecteurs et directeurs des académies et services
départementaux. On y apprend, en effet, que le projet du ministère
est de "proposer aux élèves des parcours linguistiques cohérents
de l'école au lycée, reposant sur une diversification maîtrisée
(...), sur un pilotage académique fort, prenant appui sur la carte
des langues et associant étroitement premier et second degré
(...). Dans ce cadre, on veillera (...) à favoriser l'apprentissage
à l'école primaire des langues enseignées au collège
du secteur et à assurer la poursuite de cet apprentissage au collège
en affichant explicitement l'obligation de continuité".
Cette obligation est soulignée à plusieurs reprises dans
la suite du texte. Il n'y aurait pas lieu de s'en inquiéter si l'étrange
notion de "diversification maîtrisée" et celle de "pilotage
académique fort" s'appliquaient à l'enseignement bilingue
donné dès l'école primaire, tel qu'il est souhaité
au sommet de l'Etat comme nécessaire à la construction européenne.
Or la seule mention qui en soit faite ici demeure aussi vague que peu compromettante
: "On encouragera également toutes les possibilités de commencer
l'étude de la langue vivante II avant la classe de 4e."
En réalité, ce texte, inspiré par le souci de maintenir
le volume actuel du personnel enseignant, est un instrument de promotion
d'une seule langue, évidemment non désignée. On voit
de quoi il s'agit quand on sait que la majorité des professeurs des
écoles considérés comme compétents dans une
langue le sont en anglais. Si de surcroît, comme le préconise
le texte, des pôles regroupent l'enseignement de telle ou telle autre
langue, il est clair que l'éloignement du domicile conduira les familles
à les abandonner au profit de l'anglais.
L'espagnol pourrait conserver une place, mais une menace pèse
sur l'allemand, déjà en déclin rapide (le choix en
a décru de 10 % entre 2001 et 2003 dans le premier et le deuxième
cycle). Cette situation est d'autant plus absurde que, pour un francophone,
à rebours d'un préjugé tenace, une compétence
moyenne pour la communication est plus facile à acquérir en
espagnol ou en allemand qu'en anglais.
C'est donc l'apprentissage de deux langues étrangères qu'il
faut promouvoir à l'école primaire. C'est bien du primaire
qu'il s'agit, et non de la classe de 4e ou de celle de seconde, où
l'enfant n'a plus la disponibilité et l'insatiable curiosité
d'apprendre que lui reconnaissent, à l'encontre des opinions attardées
encore présentes dans les familles, les travaux les plus récents
des meilleurs spécialistes.
La France, où existent encore de nombreuses langues régionales
et où vivent beaucoup de communautés parlant des langues
étrangères, se doit de favoriser cette politique linguistique
plurilingue, dont le bilinguisme est un cas particulier. Comment pourrait-elle
donc être le pays qui préparerait à la domination de
l'anglais un tunnel arc-bouté sur l'enseignement primaire, et où
seront immolées, à moyenne échéance, toutes
les autres langues, y compris le français en Europe ?
Triste reflet d'une complaisante tradition de reculade, de soumission
complexée et d'immersion masochiste dans la contradiction, qui juge
inéluctable la marche vers le tout anglais lors même que rien
n'est entrepris pour démontrer, en l'exorcisant, que cette fatalité
est illusoire !
Mais il existe en France d'autres courants, ouverts sur l'action lucide.
Il existe aussi une association des pays francophones qui se battent pour
le français, avec le souci de promouvoir, à travers lui,
la diversité linguistique et culturelle. Une politique d'abandon
va enfin à l'encontre de celle-là même des petits pays
d'Europe qui, au lieu de donner un mauvais exemple offert à la tentation
de ceux qui voudraient l'imiter, jouent la carte du plurilinguisme.
Le prochain conseil des ministres franco-allemand est prévu pour
la fin du mois d'octobre. C'est donc immédiatement qu'une bataille
est à livrer, pour installer enfin de manière solide le bilinguisme
à l'école primaire. C'est immédiatement qu'il faut
relancer l'apprentissage de la langue du partenaire. Il n'y aura pas d'autre
engagement politique d'envergure. Il n'y a pas d'autre victoire à
espérer que celle qui s'offre à nos yeux et défie notre
volonté.
Claude Hagège est professeur au Collège de France (chaire
de théorie linguistique)
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.10.04