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HISTORIQUE DE LA FAFA

Affirmer qu'il n'existait pas, avant 1939, de structures associatives franco-allemandes, serait erroné. L'entente franco-allemande était déjà de mise au 18ème siècle, dans les couches sociales françaises et allemandes qui voulaient se dinstinguer intellectuellement, surtout dans le domaine littéraire. En 1897, un cercle de personnalités françaises et allemandes du monde littéraire lança une "Revue Franco-Allemande", qui disparut lors de la Première Guerre Mondiale.

Puis, ainsi qu'il en va naturellement après tout conflit, on tenta à nouveau de se réconcilier et de se comprendre. Après le Traité de Locarno, signé en 1925, une forte impulsion dans ce sens fut donnée sous l'égide du Minsitre des Affaires Etrangères Aristide Briand et de Gustav Stresemann, qui se concrétisa en 1926 par la création du "Comité Franco-Allemand d'Information et de Documentation", d'abord florissant, puis cahotique dès 1933 lors de la venue au pouvoir d'Hitler, pour se dissoudre enfin sous l'explosion de 1939.

Ainsi disparaissaient, en un même temps, les Sociétés Franco-Allemandes de Berlin, Francfort sur le Main, Cologne, Mannheim, Breslau, Nuremberg, Paris, Le Havre, et Sens, tandis qu'on ne lisait plus la "Deutsch-Französische Rundschau" de Berlin.

Le cauchemar terminé, des flammes vont se rallumer, flammes d'espoir, cette fois, en premier lieu dans l'Allemagne occupée. La première Société Franco-Allemande voit le jour en novembre 1947, à Hambourg ; elle prendra le nom prestigieux et évocateur de DFG "Cluny". Ses statuts, par les mots employés, seront porteurs d'espoir : la paix, la réconciliation et l'amitié; la solidarité et la coopération. De cet exemple naîtront en 1948 la DFG Oldenburg, en 1949 la DFG Wiesbaden, et en 1950 les DFG de Berlin, Karlsruhe et Constance.
 

HISTORIQUE

Les premiers balbutiements de l'entente européenne, que l'on perçoit dans les années 1950, auront bien des difficultés à imprégner favorablement le tympan des hommes politiques d'alors, et les "précurseurs" que l'on vénère aujourd'hui, auront connu maintes déceptions à leur clairvoyance et à leurs enthousiasmes.

Au début de l'année 1954, Konrad ADENAUER, dont l'un des objectifs prioritaires est l'amélioration des relations franco-allemandes, demande à Madame le Dr. Elsie KÜHN-LEITZ - aujourd'hui décédée - de renforcer la compréhension entre nos deux peuples en fédérant les associations franco-allemandes existantes, et en suscitant la création de nouvelles associations.

Cette initiative intéressa au plus haut point l'Ambassade de France à Bad-Godesberg. En 1956, elle invita des responsables des "Deutsch-Französischen Gesellschaften" à se rendre à Paris et à Lille où existaient déjà des associations franco-allemandes actives. Cette rencontre aboutit en 1957 à la première réunion, à WETZLAR, de 21 assoications, allemandes pour le plus grand nombre. Le "Arbeitskreis Deutsch-Französischer Gesellschaften in Deutschland und Frankreich" était fondé, qui néanmoins laissait aux associations leur totale autonomie.
 

BUTS ET ACTIVITÉS. ÉVOLUTION

Le "Cercle de travail des Associations Franco-Allemandes", institution juridiquement allemande, définit ses buts et se dota de moyens d'action à court, moyen et long termes, en étroite coopération avec les associations franco-allemandes existant en France. En 1964 à Fulda, des statuts franco-allemands sont approuvés, et en 1965, le "Arbeitskreis" est légalement déclaré comme organisation bilatérale dirigée par un conseil d'administration franco-allemand commun aux associations des deux pays.

En 1981, à CONTREXEVILLE, à l'occasion du 26ème Congrès, les expériences et les constats amenèrent les deux co-présidents, Siegfried TROCH et Pierre MARTIN, à proposer à l'Assemblée Générale de nouveaux statuts, qu'elle approuva. Le "Arbeitskreis" devenait "Vereinigung", la notion nouvelle de "Fédération" impliquant essentiellement une intégration plus étroite des associations membres aux organes communs de direction.

En 1984, à WURZBURG, dans le cadre du 29ème Congrès, des considérations essentiellement juridiques conduisirent le président français, à proposer à l'Assemblée générale le regroupement des associations françaises dans une structure de type associatif régie par la loi de 1901, ayant ses statuts et son conseil d'administration. Ainsi naissait "officiellement", dans des douleurs que les assertions et les engagements du président français face à des associations allemandes quelque peu désemparées allaient apaiser avec le temps la "Fédération des Associations Franco-Alfemandes en France et en Allemagne" (F.A.F.A.).

L'engagement commun entre la Fédération (FAFA) et la Vereinigung (VDFG) se résume en cinq points essentiels :

1) Les associations membres de la VDFG sont membres de droit de la FAFA, et réciproquement les associations membres de la FAFA sont membres de droit de la VDPG, avec les mêmes prérogatives.

2) Le président français est membre de droit du Conseil d'Administration de la VDFG; le président allemand est membre de droit du Comité Directeur de la FAFA; les deux présidents ont autorité sur les associations françaises et allemandes.

3) Le Haut Conseil -Kuratorium- est une instance commune à la FAFA et à la VDFG. Il se compose de personnalités des deux pays essentiellement, mais de façon non exclusive. Il est dirigé par deux co-présidents, l'un français, l'autre allemand, choisis parmi ses membres.

4) Les manifestations communes et les réunions des instances sont présidées en France par le président français, en Allemagne par le président allemand.

5) La FAFA et la VDFG éditent un magazine commun intitulé "Actuel".

Dans cet esprit, la structure formelle initiale a permis le développement rapide et intensif d'une coopération institutionnelle étroite, consciencieuse, fondée sur la confiance mutuelle, et concernant les domaines les plus larges, entre les instances françaises et allemandes de la FAFA-VDFG:

- Regroupement des associations existantes et création de nouvelles associations, aujourd'hui essentiellement dans le contexte de l'Allemagne unifiée, en particulier après l'éclatement de FRANCE-RDA et ses conséquences sur la pérennité des comités qui composaient cette association, tant en France que dans l'ex-RDA. A la fin de l'année 1992, la VDFG compte 108 associations membres - dont 11 dans les Nouveaux Länder - et la FAFA 81 associations membres et 4 Unions régionales regroupant elles-mêmes quelque 60.000 membres dans nos deux pays.

- Participation active à la création de jumelages entre communes, écoles, associations et organismes de toute nature, soutenus et activés par des associations franco-allemandes. En France, par exemple, la FAFA compte au nombre de ses adhérents quelque 200 comités de jumelage de petites communes, qui ne trouvent pas au sein des grandes institutions l'écoute, l'attention et l'aide qui sont nécessaires à leur vie même et à leur épanouissement.

- Echange d'expériences entre les associations et assistance mutuelle, en particulier dans les domaines culturel - conférenciers, expositions itinérantes, films...- et pratique - accueil d'un groupe, voyage...-, ou tout simplement dans la création et le fonctionnement d'une activité nouvelle.

- Organisation d'échanges de jeunes membres des associations, et de voyages dans le pays partenaire, au contact des hommes, de leur façon de vivre et de leur culture.

- Coopération régionale entre les associations essentiellement dans le but d'intensifier et de parfaire l'échange d'informations soit qu'il s'agisse d'Unions régionales telles l'U.R. "Rhénanie du Nord-Westphalie en Allemagne, les U.R. "Nancy-Lorraine", "Bretagne", "Normandie", "Bourgogne" et l’U.R Nord-Est en France, ou mieux encore "l'Amicale Bourgogne-Rhénanie Palatinat" et le "Comité de jumelage Normandie-Basse Saxe", tous adhérents actifs de la FAFA-VDFG.

- Promotion de l'apprentissage de la langue du partenaire - une action fondamentale à tous les niveaux, pour les scolaires, les jeunes professionnels et les adultes. Inlassablement, depuis le quatrième congrès annuel qui s'est tenu à WETZLAR en 1960, chaque année ou presque, une motion est adoptée et adressée conjointement à la Kulturministerkonferenz à Bonn et au Ministère de Education Nationale à Paris, insistant sur l'évidente nécessité de l'apprentissage de la langue du partenaire dès l'école élémentaire. Bon nombre d'associations dont l'action ne s'est pas limitée à la seule motion, ont littéralement "combattus pour l'aboutissement de projets régulièrement avancés par les instances politiques françaises et allemandes, mais qui restaient dans l'attente d'un moteur...et de carburant. Une réussite remarquable est à noter en Basse-Saxe, où l'engagement, voire l'acharnement de la DFG d'Oldenburg, ont éte déterminants.

- Organisation de séminaires spécialisés et de colloques, tantôt pour les multiplicateurs, tantôt pour les jeunes des associations, ciblés sur les questions actuelles de la coopération franco-allemande et de l'Union Européenne.

- Organisation d'un congrès annuel ouvert au public, alternativement en France et en Allemagne, qui, au-delà des habituelles réunions statuaires propose un thème spécifique, réunit des commissions de travail, et surtout constitue un forum où les représentants de toutes les associations membres se rencontrent, échangent idées et expériences, et retournent alors dans leurs villes et leurs villages avec un enthousiasme renouvelé et mille idées franco-allemandes et européennes.

Depuis la fondation de l'"Arbeitskreis" en 1957 se sont tenus 37 congrès annuels, le dernier à Brest en 1992, année de la ratification du Traité de MAASTRICHT, année d'un combat pour l'Europe dont nos associations peuvent être légitimement fières.


Pour connaître la liste complète des lauréats du PrixLE PRIX ELSIE-KÜHN-LEITZPour connaître la liste complète des lauréats du Prix

En souvenir reconnaissant de l'immense action menée pour l'union des peuples par Mme le Dr. Elsie KÜHN-LEITZ, président fondateur de l"'Arbeitskreis" en 1957, qu'elle a dirigé avec une volonté exemplaire jusqu'en 1968, et dont elle fut président d'honneur jusqu'à sa mort, la Fédération décerne tous les deux ans le Prix Elsie-KÜHN-LEITZ, doté d'un diplôme, d'une médaille d'honneur et d'une somme de 10.000 DM. Ainsi, la famille respecte la volonté de son aïeule, d'honorer une personne physique ou morale qui s'est acquis des mérites remarquables dans son action en faveur de la coopération franco-allemande.

En décernant le premier Prix au Président Pierre PFLIMLIN, la Fédération honorait un homme politique européen dont l'action avait été déterminante pour la réconciliation franco-allemande.

Le deuxième Prix fut attribué au Père Paul ANDRE, Chanoine de la Cathédrale de Chartres, en souvenir de ces nombreux français qui, dès 1945, firent contre vents et marées les premiers pas sur le chemin de la réconciliation entre nos deux peuples. L'action du Père ANDRE auprès des prisonniers allemands en France fut exemplaire. En étroite communion d'action avec l'Abbé Franz STOCK - dont la Fédération a solennellement fêté le 40ème anniversaire de la mort dans le cadre du 33ème congrès, qui s'est tenu à ARNSBERG en 1988-, il a fondé dans le camp de prisonniers de Chartres un séminaire, qu'il a promu en dépit de nombreuses résistances officielles.

Le troisième récipiendaire fut le Dr. Peter SCHOLL-LATOUR. Le jury voulait ainsi honorer l'apport indiscutable du journaliste et de l'écrivain à la compréhension franco-allemande et à l'Union des peuples de l'Europe.

Le quatrième Prix a été décerné dans le cadre du congrès de SARREBRÜCK en 1991, au Président Jacques DELORS.

M. Hans Dietrich GENSCHER se vit attribuer le Prix décerné à l'occasion du Congres de Berlin en 1993.

Les dotations en argent furent bien utilisées. Pierre PFLIMLIN a contribué au financement d'un poste supplémentaire de professeur de français durant une année dans un Lycée de Bonn. Pierre ANDRE a aidé à la rénovation d'un centre de rencontres franco-allemandes de jeunes à Chartres. Peter SCHOLL-LATOUR a permis à deux jeunes journalistes en cours de formation, l'un français, l'autre allemand, d'effectuer un stage de trois mois à la rédaction d'un journal du pays partenaire. Enfin, Jacques DELORS a souhaité l'attribution d'une subvention de 1.000 DM à chacune des dix premières associations franco-allemandes qui se créeraient sous l'égide de la VDFG dans les cinq nouveaux Länder.
 

UN MAGAZINE: "DEUTSCHLAND-FRANKREICH ACTUEL"

C'est en 1989 grâce à l'aide financière de l"'Auswärtiges Amt", que naquit le magazine de la VDFG-FAFA, remplaçant enfin les circuits artisanaux d'information jusqu'alors utilisés. Ce magazine, qui paraît cinq fois par an avec un numéro double à l'occasion du congrès, a pour mission première de diffuser une meilleure information sur les activités des associations et d'améliorer la communication entre leurs membres; il n'en est pas moins un moyen toujours perfectible de communication avec l'extérieur . C'est pourquoi l'on peut y lire des articles de fond sur la coopération franco-allemande et sur l'ouverture européenne, tandis que se côtoient en toute simplicité les signatures les plus célèbres, et celles encore inconnues.
 

NOUVELLES PERSPECTIVES

La réalisation de l'Unité de l'Allemagne, et l'éveil de l'Europe centrale et orientale à la liberté et à la démocratie, ouvrent des perspectives inattendues à la Fédération. Bien plus, c'est un engagement dans une nouvelle mission, avec de nouveaux objectifs, qui s'impose à nos associations, en un moment où il ne faut pas se voiler la face devant les difficultés que connaît la coopération franco-allemande. Mais autant ces dernières se résoudront, ne serait - ce que parce qu'il ne peut pas en être autrement, autant nous devons être attentifs à nos missions nouvelles. Pour tous, la solidité du couple franco-allemand a valeur d'exemple. Cet exemple, nous ne devons pas l'imposer, mais l'offrir en partage aux peuples d'Europe pour lesquels nous représentons l'espoir. C'était "il y a quarante années". Tout était à faire se réconcilier, apprendre à se connaître, à s'estimer, à s'aimer, à coopérer aussi par le coeur.

La Fédération des Associations Franco-Allemandes pour l'Europe est fermement décidée :
    - à assurer et à approfondir l'amitié franco-allemande,
    - à participer à la construction d'une Europe de paix et de liberté dans le respect des droits de l'Homme,
    - à ouvrir la voie de l'Union Européenne aux Etats et aux Peuples de l'Europe centrale et orientale,
    - à conduire aussi un dialogue fructueux avec les peuples non-européens.
 

Dans cet esprit toutes les associations qui sont le réservoir de ses forces vives, doivent resserrer leurs liens pour donner plus de puissance à leurs actions communes. Plus qu'hier, le programme défini en 1986 par les deux présidents, lors du 31ème congrès de PADERBORN, est d'actualité dans un concept élargi :

"Deutsch-Französische Zusammenarbeit für Europa"
"Coopération Franco-Allemande pour l'Europe"

 

voneinander wissen
voneinander lernen
füreinander arbeiten
mitarbeiten leben

se connaître l'un l'autre
apprendre l'un de l'autre
travailler l'un pour l'autre
vivre l'un avec l'autre


 


La Fédération a pour but le regroupement des associations Franco-Allemandes en France et en Allemagne et plus généralement toutes organisations de même finalité, afin de constituer une structure élargie qui favorisera le développement des associations existantes et la création de nouvelles associations. 

Dans une perspective pluraliste, la Fédération est ouverte au-dessus de toute idéologie politique, religieuse et philosophique, à tout groupement qui oeuvre dans un esprit européen, libre et démocratique, à la consolidation et à l'approfondissement de la coopération franco-allemande, pour réaliser ensemble une communauté européenne unifiée, dans le respect du principe de subsidiarité. 

Plus particulièrement, et dans ce même esprit, la Fédération accueille dans son sein des associations ou des regroupements d'associations liant la France à tout pays d'Europe et répondant aux critères ci-dessus. 
 

(Anciens Statuts, Article 2)

Paris, le 3 octobre 1993.

 

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